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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 13:03

Peu à peu la lumière artificielle chassait celle venue d’un soleil absent, je marchais dans Paris en dominant un parapluie que ce vent d’automne s’acharnait à vouloir retourner. 

 

Face au vent, le parapluie me cachait la vue, c’est alors que j’entends une voix féminine, d’origine anglo-américaine ; son ton grave, pareil au roulement de pierres dans un petit torrent de montagne, m’attire.  Mon regard alors fixé sur le sol glissant remontait peu à peu. Je vis deux bottines noires, puis je devinais des jambes sous un jean bleu clair ; plus haut un blouson en cuir, d’une couleur tirant sur l’orange amazone, recouvrait un corps d’apparence svelte, abrité sous un parapluie sans souvenir. Enfin je vis ce visage pâle, presque blanc, orné de cheveux roux attachés et tirés en arrière laissant un large front clair, je remarquais une bouche fine sans sourire aux lèvres à peine visibles, deux légères ombres au-dessus de sa lèvre supérieure laissaient deviner un nez vite ignoré car un regard éveilla brutalement mon esprit.

 

Mes yeux croisèrent deux yeux bleus. Pendant un certain temps mon esprit fixait ce bleu étrange, curieux… Elle me regardait, je ne voyais plus qu’une bouche fine sans sourire… et deux yeux intenses, deux yeux curieux, deux yeux dérangeants… Cela n’avait duré qu’une seconde ou deux…

 

Elle tourna la tête et de sa voix forte, elle réprimandait ses deux enfants qui traînaient un peu.

Je repris ma marche sur le boulevard Voltaire en direction de la place de la Nation, avec, dans la tête, ce visage sans sourire aux yeux bleus. Au bout de quelques pas je me suis retourné pour la revoir, elle était de dos réajustant les capes de pluie de ses enfants… M’avait-elle seulement vue lorsque nos regards se sont croisés ? Je crois que oui… M’a-t-elle déjà oubliée ? Je crois que oui… Pas moi.

 

Mes pensées auparavant perturbées car focalisées sur une situation sociétale en perdition, étaient maintenant sereines m’emmenant vers un état de bien-être.

Quand mes yeux regardaient le petit bonhomme vert m’invitant à traverser la rue Charonne, mon esprit s’attardait sur ce visage au sourire absent et aux yeux si bleu. A partir de ce moment mon cerveau pris en charge mon corps pour l’emmener en toute sécurité vers mon domicile et mon esprit m’emmena dans mes espaces de rêves pourtant si réels.

 

Ainsi cette inconnue en rejoint d’autres dans mes cases mémoires oniriques. Ce sont des dizaines de visages que je retrouve régulièrement dans mes rêves qu’ils soient éveillés ou non.

 

Quand mon esprit choisira cette dernière pour lui attribuer un rôle dans l’un de mes scénarios imaginaires il se permettra de la changer un peu, un sourire sera peut-être là, ses cheveux seront sûrement détachés, mais jamais il ne se permettra de toucher à ses yeux. Mon esprit n’hésitera pas aussi, lors de mes méditations, à la faire intervenir, avec son visage inerte tel un point fixe dans mon environnement, afin qu’il puisse reprendre contrôle sur mes pensées, comme je peux le faire avec un mantra ou une concentration sur ma respiration.

 

Je laisse maintenant mon esprit gérer son nouvel outil et je redonne puissance à mon cerveau pour gérer mon quotidien ; d’ailleurs il est temps d’aller à la laverie…

 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 16:16

Tout d’abord j’ai connu plusieurs vagues d’amitié plus ou moins durables. Chacun à sa propre définition du mot amitié. Ma définition personnelle est vraiment large, mais pour faire court : mes amis sont des personnes avec qui, d’une part j’ai passé un moment sympathique plus ou moins long avec envie que cela perdure un peu pour partager d’autres moments de discussion, de voyage, de découverte, de vie et d’autre part pour qui je ressens de la peine lorsque je les sens eux-mêmes en peine, tristes... Cela prouve que j'ai un minimum de sentiment pour eux.

Cela n’empêche pas des niveaux différents dans mes relations d’amitiés, parfois difficile à expliquer ; j’aide un vieil ami qui connaît de graves difficultés personnelles et pourtant tout nous sépare idéologiquement, philosophiquement et même les loisirs, rien ne nous attache sauf des années d’ado et de bonnes rigolades, c’est un vrai ami !

Avant d’approfondir ma réflexion sur ce sujet il me semble important de faire l’inventaire de mes amis car mon analyse dépend entièrement de mon vécu. Pour cette liste, mes critères seront donc : plus d'une année de lien amical après rencontre, se voir au minimum une fois par an (à 2-3 mois près) et ressentir quelques sentiments.

 

Mes amis actuels, des plus anciens aux plus récents :


Les plus anciens (1969/1972), au nombre de 3 (6 avec leur épouse) :

Mes plus anciens amis, qui étaient 4, datent de l’époque du lycée, l’un d’entre eux est décédé en 2010.

 

Ceux issus des premiers temps de boulot et de ma vie de famille, au nombre de 8 (4 couples) :

Au départ ils étaient plus nombreux mais à cause de mon divorce, il y en a que je ne vois plus. En revanche, je conserve des liens d’amitiés avec 2 couples, issus de ma belle-famille, nous nous aimions bien et nous n’avons pas voulu que nos relations cessent à cause de la rupture…

 

Ceux issus de mon époque d’élu et du village (1977/1989), ils sont maintenant hors critère mais impactent mon analyse :

Cette époque est une des plus belles pages de ma vie. Nous étions une bande de copains, copines et nous passions beaucoup de temps à nous voir pour animer le village. Des liens d’amitiés s’étaient créés avec certains. Je les ai tous perdus de vue à cause du déménagement mais aussi à cause de mon divorce, en effet pendant quelques années je fuyais les moments, les souvenirs qui me rappelaient ma vie de famille. A la suite du décès d’un de la bande en septembre, j’ai renoué des liens. Des complices de ces bons moments souhaitent qu’on se revoie… On verra… 

 

Ceux issus de mon boulot (1982/2008), périodes troubles… Que des dames… maintenant aussi hors critère mais elles impactent aussi mon analyse :

Une période de jeux de cœur, de tentations, d’émotions, de transgressions où en tant qu’homme je me suis le plus épanoui mais j’y ai abimé ma vie de famille. Ces amitiés étaient éphémères sans consistance. Mais pourtant c’est aussi une de mes plus belles pages de ma vie. Dès ma retraite, je n’ai conservé que 3 ou 4 relations dont celle avec qui j’avais le plus de complicité, de choses à partager, celle qui a quitté ce monde en septembre 2013.  A part elle, peu à peu j’ai perdu de vues les autres.

 

Celle qui, après ma rupture familiale, m’a accompagné pendant 4/5 ans et qui est restée une amie.

Nous avons partagé de jolis moments d’amour. Le temps les a peut-être usés. Aujourd’hui nous restons amis.

 

Mes compagnons de voyage, une trentaine actuellement... pour combien de temps…

J’allais dire c’est ici que je trouve l’amitié la plus éphémère mais après avoir regardé les dates des voyages desquels ils me restent encore des amis, je suis surpris ! A savoir quand je dis amis de voyage ce sont les personnes avec qui j’avais envie de garder des liens après, pour moult raisons et bien entendu des liens qui perdurent dans le temps, plus d’une année après.

D’un voyage fait en Inde en 2006, ils me restent 6 amis (1 couple, 1 ami, 3 amies), nous nous voyons souvent (surtout les parisiens) et ensemble on essaie de se faire un voyage par an, en 2013 c’était une semaine sur Belle-Ile. Avec 3 d’entre eux nous nous voyons souvent notamment pour des randos franciliennes.

D’un voyage en Crête en 2007, ils me restent 4 amis (2 couples) que je ne compte pas dans la trentaine car hors critère, il ne reste que des contacts par courriel (vœux, annonce de projet de voyage,…). 1 des couples me relance régulièrement pour que je passe les voir… Je viens de leur dire que j’étais surbooké en 2014 et ça m’a fait de la peine de leur dire ça…

D’un voyage « Trek et Méditation » au Népal en 2007, ils me restent 3 amis. Mais là, je commence à sentir une certaine fragilité dans la pérennité, notamment avec les deux plus éloignés géographiquement. Merci à l’une d’entre eux pour rallumer régulièrement cette belle flamme d’amitié !

D’un voyage au Ladakh en 2008, en plus des 3 amis cités ci-dessus qui faisaient partie aussi de ce voyage, il me restait une amie, mais depuis son départ en Bretagne, fin 2011, nous n’avons plus que des contacts très espacés par courriel, elle est donc maintenant hors critère même si je pense encore souvent à elle.  De l’âge de mes enfants, j’aimais sa fraicheur, ses envies, ses projets, mais sûrement aussi sa jeunesse. Peut-être me sentais-je un peu père pour elle… en tout cas ami…

De mon voyage en « solitaire » sur le sentier de Stevenson en 2011, je me suis fait 4 amis (1 couple et 2 amies) et depuis nous nous retrouvions, chaque année, pour 1 semaine de rando. Cette année, 2014, je leur ai dit que je ne serai pas disponible. Suis-je le « vilain petit canard » ? Cela me peine un peu car la semaine de rando ne se fera pas…

Ah ! De mon superbe voyage Zam Zam 2012 au Népal, je conserve encore, après presque 2 ans, 15 amis ! (1 couple, 4 amis, 10 amies)  Mais ça va vite s’effilocher, c’est évident… Il m’en restera sûrement mais beaucoup moins, je fais quelques randos franciliennes avec 2 d’entre elles et je partagerai d’autres voyages avec elles et d’autres... Il est évident qu’avec certains, certaines j’ai vécu de moments tellement forts que je n’ai pas envi que les liens cessent…

De tous ces voyages j’ai aussi 5 ou 6 amis facebook mais je ne les compte pas dans la trentaine, car on ne se voit plus même si nous communiquons par facebook de temps en temps.


Donc je décompte, avec mes critères, plus de 40 amis… C’est vrai que vivant seul il est certainement plus facile de conserver des liens d’amitiés…

 

De fréquentes rencontres pérennisent l’amitié, mais se rencontrer pourquoi ?


Il me semble évident que plus les rencontres sont espacées, plus il y a des risques de voir se rompre les liens d’amitié. Mais pourquoi les rencontres diminuent ? Je pense qu’il y a deux raisons essentielles : d’une part l’ennui, les amis n’ont plus grand chose à se dire et ne se sont pas créés d’autres occasions de partage et d’autre part l’éloignement en effet il est plus difficile de combler l’ennui par d’autres situations que les discussions, comme des randos, des sorties conférences, cinémas, expositions,…

Pour mes amis de 40 ans, nous avons vécu 3 ans de lycée ensemble, nous ne nous sommes pas perdus de vue, nous avons continué à nous fréquenter souvent pour des sorties, des bringues. On connaissait nos parents et ensuite certaines de nos copines sont devenues épouses de l’un ou de l’autre et bien entendu les enfants arrivèrent. Bref quand nous nous rencontrons maintenant nous sommes intarissables sur les sujets de conversation, jamais d’ennui, nous sommes riches de souvenirs. Il n’y a donc jamais de lassitude dans nos rencontres. Avec mes plus vieux amis si on se voit souvent, jamais nous n’avons partagé de loisirs ensemble (voyages, etc.), à part avec l’un d’entre eux.

Il en est de même pour ceux que j’ai conservé de mes premières années de boulot et de famille. Nous avons partagé beaucoup de moments ensemble, au boulot comme dans les phases de famille (bébé, gamins, ados, premières difficultés d’adultes). Encore une fois, nous avons de nombreux sujets de discussion et, avec eux, de plus on aborde facilement les sujets politiques, étant de même sensibilité.

Pour les amis de voyage, là où la pérennité est la plus fragile, les rencontres s’espacent plus facilement et finissent par disparaître. Bien entendu nous avons beaucoup moins de souvenirs en commun et les sujets de nos rencontres se focalisent sur les voyages. Les seuls qui durent dans le temps sont ceux avec qui j’ai fait d’autres voyages ou, étant géographiquement proches des sorties de week-end (randos, expos,…). Une particularité avec deux d’entre eux, en plus de souvenirs de voyages nous avions des sujets de discussions intéressants  (bouddhisme, environnement, civilisation,…).

 

L’ami déclencheur des occasions de rencontres…


Il est évident que les rencontres sont issues d’initiatives personnelles. Avec mes « vieux » amis, il y en a toujours un pour s’alarmer du temps qui passe sans se voir et ça déclenche une nouvelle série de repas ensemble. Parfois c’est aussi pour aider celui qui se retrouve en difficulté personnelle. Bref nous sommes tous un peu déclencheur d’occasions.

Pour les amis de voyages, il y a toujours quelqu’un à l’initiative de la 1ère rencontre après voyage, mais ça pourrait s’arrêter là si d’autres ne relançaient pas de nouvelles rencontres. Pour les groupes d’amis que j’ai encore de ces voyages, il y a toujours un déclencheur (propositions de voyages, de sorties, de randos) mais souvent c’est la même personne et si cette dernière lève le pied les rencontres peuvent cesser, sauf si quelqu’un prend la relève.

 

Mes ruptures d’amitié…


Tout d’abord, quand j’analyse mes ruptures je vois que cela ne concerne que les amitiés récentes (moins de 10 ans), en gros celles issues des voyages… En effet, pour mes vieux amis, les liens sont tellement forts que même si on se dispute, on s’engueule, on finit toujours par se retrouver. 

 

Pas de réciprocité : lorsque je sens qu’il n’y a pas la même envie de faire perdurer l’amitié, rapidement je cesse les liens. Parfois cela me faisait un peu de mal, mais c’était avant mes réflexions bouddhistes, maintenant je relativise facilement (c’était hier, aujourd’hui est un autre jour… Impermanence…) ; mais le côté un peu négatif est que je relance maintenant rarement, pour fuir les déceptions au cas où, j’ignore le désir, le plaisir d’amitié d’hier…

 

Perte d’intérêt : Comme cette réflexion est terrible ! Mais pourtant c’est un réel constat, même si cela peut être inconscient. En fin de compte c’est un intérêt de bien-être : je suis bien avec untel car on se rappelle tellement de bons souvenirs, je suis bien avec untel car nous partageons de bons moments ensemble (randos, voyages, etc.), je suis bien avec untel car on partage de mêmes rêves de projets, d’idéaux, d’avenir. Je suis bien avec untel car on s’amuse bien. Parfois avec des amis, je peux regrouper tous ces éléments. Mais si je n’ai plus un seul de ces intérêts, je ne donne plus signe de vie, pas dans un acte volontaire mais de fait ; surtout si de leur côté il n’y a plus de relance (ils doivent se retrouver dans la même situation)…

 

L’éloignement : lorsque les intérêts « intellectuels » s’estompent, les rencontres du style randos, sorties (conférence, cinéma, théâtre, expos,…) maintiennent les relations. Mais malheureusement parfois la distance ne le permet pas et cet éloignement devient une cause de fin d’amitié.

 

Un cas rare, l’ambiguïté : dans les relations d’amitié « hommes/femmes », parfois l’arrivée d’autres sentiments viennent détruire cette amitié. Cela m’est arrivé et peut encore m’arriver, de mon fait ou non. (lire mon article sur ce sujet, j’y vois en le relisant d’ailleurs que j’ai un peu évolué dans ma notion d’amitié).

 

Conclusion :


Comme je le disais en introduction, chacun a sa propre définition de l’amitié. Pour moi, avec un ami j’ai parfois des relations plus privilégiées qu’avec ma propre famille, sœur, frères et cousins. Mes amis peuvent me connaître mieux que ma famille, ça c’est un vrai critère. Je peux perdre de vue des amis comme c’est aussi le cas avec des cousins germains, même cela peut arriver aussi avec un frère.

L’amitié n’a pas une obligation d’éternité, elle peut-être réelle et pourtant éphémère à cause de moult raisons comme dit plus haut. Mais un ami restera dans mes souvenirs, dans ma mémoire. « Plusieurs personnes entrent et sortent de nos vies, seuls les vrais amis laissent une empreinte sur nos cœurs. » (Antoine Chuquet)

L’amitié c’est être plein de compassion, ne pas voir (ou savoir) ses amis tristes, malheureux.

Si on dit que l’amour est plus fort que l’amitié, l’engagement à vie n’est pas un critère d’amitié car ce n’est déjà pas le cas pour l’amour, pourtant si puissant, si on regarde le nombre de couples qui se séparent au bout de quelques années…

 

Un dernier message pour mes amis : je vous aime et si, à cause des aléas de la vie, on ne se voit plus, vous resterez toujours dans mes souvenirs et vous ferez partie du grand livre de ma vie.

 

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 07:56

Bientôt un mois qu'elle n'est plus là, tous les soirs je pense à elle avant de m'endormir. Depuis 17 ans nous étions complices de nos pensées, de nos réflexions. Certes je crois qu'elle était la personne qui me connaissait le mieux, mes forces, mes faiblesses, mes interrogations, mes déceptions, mes espoirs et pourtant maintenant je crois que nous nous sommes cachés l'essentiel : Nous. 

 

Nous aimions être seuls, loin de tout regard, de toute réflexion ; certainement les moments les plus riches de nos échanges et quand je me rappelle ces moments volés, un profond sourire éponge mes larmes. Et pourtant, la vie nous a tenu éloignés.

 

Quand je laisse défiler les images du passé, je prends conscience que j'ai certainement gâché quelque chose de profond que j'ai vraiment du mal à définir avec des mots. Mais je me dis aussi que c'est peut-être aussi pour cela qu'une certaine sérénité nous liait, que nos relations restaient douces et tendres.

 

Depuis trois ans, un accident lui avait supprimer toute possibilité de mouvement, hospitalisée, elle ne supportait plus ce corps inerte et n'aspirait plus qu'à une chose : disparaître. Je la voyais régulièrement et nos discussions sur ce sujet me troublaient fortement, elle le savait et c'est de moi que nous parlions avec beaucoup d'humour, de dérision et beaucoup de curiosité de sa part.

 

Je me souviendrais longtemps de ces après-midi passées avec elle, poupée de son comme elle disait. Son regard clair et profond, son sourire, parfois taquin me faisait oublier son état et j'étais content le lendemain de revenir discuter avec elle.

 

Son dernier message, j'espère restera longtemps gravé dans ma mémoire :

"... Je te remercie pour ces deux jours très riches et si agréables pour moi.
Martial le conteur me dit des histoires vraies, toujours plaisantes, intéressantes, de la vie, de sa vie, de ses voyages.
Oui, mes remerciements et ma reconnaissance, Martial, pour ta fidèle et précieuse amitié.
Je t'embrasse
Mireille "

 

Je ne t'oublierai pas Mireille, toi qui m'a tant prouvé que la vie était belle.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 08:02

Comme l'indique le titre c'est mon 3ème article sur les "bienfaits" de l'endomorphine...

 

Ce matin, après cet été passé loin de Saint-Mandé, j'ai repris mes footings dans le bois de Vincennes. Après les quelques minutes de course nécessaires à mon corps pour produire de l'endomorphine, mon esprit s'est emparé de mon moi laissant le cerveau s'occuper de mon corps. Tandis que mon système nerveux gérait mes mouvements et vérifiait, en plongeant dans ma mémoire, la bonne direction de mon parcours, mon esprit laissait mes pensées analyser avec équanimité les derniers événements de ma vie dont la disparition d'un ami. Peu à peu mon esprit méditait sur la mort...

 

A ce moment, force était de constater que mon voisinage environnemental, ces petits êtres vivants silencieux du bois et toutes ces plantes particulièrement radieuses suite à deux mois d'autotrophie efficace grâce à la présence généreuse du soleil, n'adhérait pas trop à cette méditation sur la fin de vie. Notamment je voyais les grands arbres fronçaient le haut de leur ramure, mécontents de cette réflexion alors que l'hiver approche et que certains d'entre eux peuvent disparaître. Même, mon ami héron cendré semblait me bouder, il m'ignorait, certes il se préparait à descendre vers le sud et comme chaque année il craignait ce long voyage...

 

Sacrée endomorphine...

 

Mais mon esprit continuait sa méditation en harmonie avec ceux de cette proche nature. Rapidement je m'aperçus que mon esprit en méditant sur la mort ne parlait que de vie ; d'ailleurs, dans un silence profond, il  rappela qu'il n'y avait qu'une Vie, une seule Vie dont nous étions tous des éléments comme mon ami disparu, comme mon ami héron, comme ces arbres maintenant à l'écoute de l'esprit. Un écureuil qui commençait à repérer les futurs fruits qu'il devra stocker, m'interpella :  "Comment ça une seule vie ? Et moi j'ai ma vie, ma propre vie !" Mon esprit, par mes lèvres, lui dit que certes il avait une certaine existence, une certaine présence mais comme simple amas de "poussières d'étoiles" qui forment, avec d'autres, la Vie.

 

Sacrée endomorphine...

 

A ce moment, Oups ! mon cerveau repris la direction totale de mon corps, en effet une alerte s'est déclenchée, mes nerfs optiques ont constaté qu'en face de moi, sur une sentier large de moins d'un mètre, deux jeunes joggeuses couraient de front ignorant mon approche ! Tous mes neurones au travail réfléchissaient à la décision à prendre : m'écarter du chemin leur laissant tout le passage en risquant de me fouler une cheville dans les hautes herbes ? Continuer tout droit en leur forçant de respecter un certain partage du sentier, en montrant un rictus de mécontentement devant leur égoïsme ? Tout mon cerveau était au travail dont une partie constatait aussi que ces jeunes dames avaient de jolies jambes, celle de droite notamment avait une tenue de couleur bleue roi mettant en valeur ses cuisses dorées par le soleil. Mon cerveau commençait à réveiller certaines de ses zones coquines... heureusement que le temps passe vite et déjà j'étais face à elle. Je forçais le passage, accompagnant mon rictus de mécontentement d'un grognement...

 

L'obstacle franchi et après quelques foulées, l'endomorphine m'aidant à sourire et ainsi à augmenter ma production d'ocytocine, c'est avec une certaine tendresse pour ces deux jeunes princesses que j'oubliais vite fait leur manque d'attention...

Sacrée endomorphine...

 

Mon esprit, en communion avec ceux du bois, venait donc de rappeler qu'en tant que "poussières d'étoile" nous étions des éléments de la Vie, cette Vie unique et éternelle ; par conséquent nous étions de fait aussi éternels... Un long frémissement parcourut tout le bois de Vincennes. Comme tous les vivants présents, j'avais du mal à comprendre alors que je sentais que tous les esprits souriaient devant notre incrédulité... L'églantier aux fleurs disparues râlait en disant que le jour où il disparaîtrait plus personnes viendraient admirer sa beauté printanière, la renarde marmonnait que si elle mourrait elle ne verrait pas grandir ses petits, une mésange disait ne jamais se remettre de la disparition de son ami le roitelet... Tout le bois montrait son désarroi devant la fin d'une vie...

 

Sacrée endomorphine...

 

Mon esprit, avec sa sérénité troublante, signala que chaque jours des milliards d'élément de la Vie,  disparaissaient sans pour cela nous troubler, que nous nous attardions seulement que pour quelques éléments proches, un camélia qui n'a pas supporté l'hiver, un vieux chat qui ne ronronnera plus, un ami complice d'une époque qui s'est éteint, un père disparu avec qui on aurait tant envie de parler maintenant. Et il insista en martelant qu'en tant que poussières d'étoiles ils sont tous vivants en la Vie. Mon esprit dit encore : "soyez triste devant la mémoire d'événements heureux passés, des paroles que vous auriez aimé avoir eu le temps de lui dire, de votre incapacité à l'avoir conservé près de vous, mais ne souffrez pas de leur disparition car ils sont éternellement des éléments, des maillons de la Vie en tant que "poussières éternelles d'étoile"...

 

Sacrée endomorphine...

 

J'interrogeais mon esprit : Et les esprits sont ils aussi "poussières d'étoiles" ? Il me répondit : "Suis-je matériel ? Et pourquoi esprits au pluriel ? Une Vie, un Esprit ? Plein de curiosité je voulais continuer mais...

Mon cerveau reprit la direction de mon corps car mon footing était terminé et que je devais commencer l'étirement des muscles qui n'avaient pas trop travaillé...

 

Sur le chemin du retour j'étais plein de question sans réponse mais je souriais...

 

Je dédie cet article à mon ami Raoul...

 

Hubert Reeves : "Nous sommes tous des poussières d'étoiles ! Car tous les noyaux des atomes qui nous constituent ont été engendrés au centre d'étoiles mortes il y a plusieurs milliards d'année." Je conseille fortement son livre "Poussières d'étoiles".

 

Mes précédents articles sur les effets de l'endomorphine :

Sacrée endomorphine...

Sacrée endomorphine (2)

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 13:31

J’ai déjà fait part des effets de l’endomorphine sur mon esprit : (souvenez-vous…).

 

C’est lors des footings que je ressens les meilleurs effets de l’endomorphine. Depuis octobre 2011 j’ai cessé de courir pour préserver les articulations de mes genoux qui seraient fortement sollicitées au printemps suivant lors de mon trek de 80 jours au Népal. Cet été j’ai refait deux footings (en plus de mes randonnées) et c’était bien, j’ai donc décidé de reprendre mon rythme et ce matin j’ai couru mes 45 minutes habituelles dans le bois de Vincennes et…

 

Après avoir ajusté mon casque audio, j’ai commencé à courir. Durant les premières dix minutes, comme à chaque fois, je maudissais les petites douleurs liées à l’usure du temps sur mon corps. Puis rapidement l’endomorphine entrant en action je ne sentais plus ces maux et mon esprit libéré de ce souci commença à analyser les derniers faits de mon quotidien. Après un rapide balayage de la vie politique de notre pays où je constatais que mon pessimisme sur l’avenir de notre civilisation était encore là, j’abordais les pensées liées à mon « moi », à ma philosophie de vie… Et là, force est de constater qu’enfin mon esprit s’est complètement libéré de mon corps.

Bouffée de bonheur.

Déjà seules mes jambes, mécaniquement, suivaient les chemins mémorisés de mon circuit, déresponsabilisant ainsi mon esprit de cette tâche physique.

Sacrée endomorphine…

Sans effort, je regardais autour de moi vivre la forêt et peu à peu j’entrais en communion avec elle. J’étais particulièrement content de constater que les herbes, les buissons, les arbres ne m’avaient pas oublié ; c’est avec beaucoup d’émotion et de joie que je ressentais leur existence. J’étais surpris des larmes du grand tilleul mais rassuré par le sourire qui les accompagnait. Ces larmes ne m’étaient pas particulièrement adressées car ce tilleul était toujours très ému quand quelqu’un prenait conscience de son existence. En revanche moi-même je remerciais le soleil qui avait noirci mes verres de lunettes cachant ainsi la rougeur de mes yeux, mes larmes réelles étaient de bonheur. Bonheur de me sentir aussi bien dans toute cette nature.

Bouffée de bonheur, sacrée endomorphine…

Les grandes herbes, déjà jaunies, me faisaient remarquer que la forêt ne changeait pas, que les arbres toujours majestueux continuaient à les protéger des tempêtes que les bouvreuils et autres oiseaux nichaient toujours dans les bosquets, que les différents rongeurs assuraient toujours leur mission faunistique. Malicieusement le héron, maintenant complice de mes footings, me fait remarquer que toute cette nature vit sans nuire à la planète… Un marronnier me fit remarquer, avec un clin d’œil, qu’il n’avait pas besoin de parcourir le monde pour s’épanouir… Sentant leur envie de me rappeler que l’humain n’avait pas besoin, lui aussi, de tant d’ambition, de tant désirs pour pouvoir vivre sereinement, je les interrompis en leur demandant de me laisser savourer ces moments de joie intense et de ne pas me ramener si vite dans la dure réalité. Un grand houx me conseilla de fermer les yeux (je rappelle que seules mes jambes assuraient la progression de mon footing), de respirer bien fort et de bien m’épanouir (me redresser) pour que nous ressentions ensemble tous les vivants de la forêt cette force qui prouve que nous ne faisons qu’Un, l’essence même de la Nature…

Bouffées de bonheur. Sacrée endomorphine…  

Courant les yeux fermés, la tête bien redressée je sentais en moi les sensations de l’abscission que, dès l’approche de l’automne, connaissait toute cette forêt. Elle ne tarderait pas à s’endormir pour s’éveiller encore plus belle au prochain printemps. Je ressentais fortement en moi cette vie intense et pourtant si sobre… J’étais bien, très bien, les battements de mon cœur étaient au même rythme que mes bouffées de bonheur.

Sacrée endomorphine…

Mais voilà, les jambes arrêtèrent leur mouvement et mon esprit constatait notre arrivée devant le théâtre des marionnettes de Saint-Mandé. Le footing était terminé. Pendant mes étirements, je repense à ces 45 minutes de magie… Magie ou folie, peu importe, j’ai tant aimé.

Avant de rejoindre le chemin de retour j’ai appuyé ma main sur un platane, un long frisson m’a parcouru, j’ai levé le regard, croyez-moi, j’ai vu toutes ses feuilles tremblaient… sans aucun vent…

 

Sacrée endomorphine ! 

 

Voir aussiSacrée endomorphine (3)

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 15:24

Bouddha ne croyait pas en la réincarnation. C'est ma conviction. Pourtant il ne l'a jamais dit comme il n'a jamais dit qu'il croyait à la réincarnation.


A l'époque de Bouddha tous ses contemporains croyaient en la réincarnation, la religion dominante était l'hindouisme, même les nouvelles religions apparues, tel le jaïnisme, y croyaient. Ailleurs si on n'y croyait pas on était convaincu tout de même à une nouvelle vie après la mort.

Il est évident que Bouddha, s'il voulait continuer à pratiquer son enseignement s'il voulait qu'on vienne l'écouter, ne devait pas rentrer dans un conflit intellectuel, religieux ; il ne fallait pas que les brahmanes ou autres prêtres viennent interdire son enseignement qui serait en complète opposition aux fondamentaux de leur propre religion. De plus, que la réincarnation existe ou n'existe pas n'avait que très peu d'importance par rapport à sa doctrine, son enseignement.

Dans l'histoire nous avons connu beaucoup d'autres cas de scientifiques ou de philosophes qui devaient taire leurs propres convictions pour pouvoir poursuivre leurs études. Darwin, notamment, afin de ne pas être qualifié d'hérétique, pendant longtemps ne se confia qu'à ses amis les plus proches sur ses hypothèses de l'évolution des espèces ; Galilée, aussi, connaissant le sort qui avait été réservé à ceux qui prétendaient que la terre n'était pas le centre de l'univers attendit l'amoncellement de preuves scientifiques avant de dévoiler ses résultats, il en fut tout de même condamné. Aussi je pense que Bouddha était dans la même situation mais en revanche, contrairement à eux, ce sujet, la réincarnation ne faisait pas partie de ses réflexions ni de son enseignement ; il n'avait pas à en débattre.

 

Maintenant je vais essayer d'expliquer pourquoi je suis convaincu que Bouddha ne croyait quand une seule vie.

 

Tout d'abord, pour nous amener sur le chemin de la cessation de toutes les souffrances il nous met en évidence certaines notions comme l'impermanence, l'interdépendance, la vacuité, le non-soi, etc. La vacuité et le non-soi, ne sont pas, pour moi, conciliable avec l'idée d'une autre vie après la mort. En introduction d'un des sermons de Bouddha le « Cula-Sunnata-sutta », Môham Wijayaratma rappelle, d’ailleurs, que comprendre la vacuité permet d'acquérir la capacité de rester détaché des opinions fausses, comme l'idée de l'âme, l'idée d'un Soi personnel, éternel, etc. donc dans ces conditions il est difficile de croire à une vie après la mort quelle qu'elle soit.

 

Dans un autre sermon de Bouddha, le « Sivaka sutta », qu'on peut traduire par « les actions et leurs résultats » Bouddha est interrogé ainsi :

« Il y a, honorable Gotama, des samanas et des brahmanes qui soutiennent cette opinion et disent : « toutes les sensations joyeuses, ou douloureuses, ou neutres, éprouvées par tel ou tel individu dépendent des actions qu'il a commises dans le passé. » À ce propos, qu'avez-vous à dire, honorable Gotama ? ».

Ici Sivaka, l'interrogateur, aborde la notion de karma et de Samsara (le cycle des vies, de renaissance en renaissance), c'est d'ailleurs dans l'hindouisme des notions qui permettent de justifier la situation des castes (on ne naît pas noble ou intouchable par hasard, mais bien en vertu des mérites ou des fautes qu'on a accumulés dans sa vie précédente). Dans sa réponse Bouddha, comme à son habitude, veut être pédagogique. Ainsi il va prendre des exemples de la vie quotidienne qui sont des faits réels :


« O Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à cause de la bile. Vous pouvez savoir par votre propre expérience qu'il y a aussi des sensations qui se produisent à cause de la bile. Le fait de l'existence de sensations qui ont la bile pour origine est généralement reconnu par le monde comme vrai. Dans ce cas-là, ô Sivaka, les samanas et les brahmanes qui disent « toutes les sensations joyeuses, ou douloureuses, ou neutres, éprouvées par tel ou tel individu dépend des actions qu'il a commises dans le passé » vont trop loin des faits qu'on peut reconnaître par l'expérience personnelle et des faits généralement reconnus par le monde. À cause de cela je dis que l'opinion de ces samanas et de ces brahmanes n'est pas correcte. »


Après la bile, Bouddha va prendre d'autres exemples comme le flegme, le souffle, les humeurs du corps, le changement des saisons. Ainsi il démontre à Sivaka que dans ces exemples nous faisons l'expérience de faits réels, vécus et que bien entendu tout le monde les validait. En revanche dire que les actions d'une vie passée influaient sur la vie présente ne découlaient d'aucune expérience vécue et que ainsi l'opinion des samanas et des brahmanes n'est pas correcte. Le maître bouddhiste qui a écrit le texte, bien après la mort de Bouddha, va en faire une analyse liée à ses propres convictions. Il en déduira que les actions d'une vie du passé constituent des causes importantes au même titre que les causes provenant des quatre autres lois naturelles du vivant. Bien entendu, personnellement je ne pense pas la même chose, je crois que Bouddha (ne croyant pas lui-même à de multiples vies) veut démontrer que n'ayant aucune preuve de ces expériences il n’était pas nécessaire de s'y attarder. En bref, il balaie d'une main les opinions des brahmanes pour continuer ses enseignements liés au moment présent.

 

J'ai trouvé aussi un entretien avec de jeunes religieux errants d'origine brahmanes particulièrement intéressant. Ce texte appelé « Uttiya-sutta » est un échange sur des questions métaphysiques. Voici un extrait du dialogue :


"A votre avis, honorable Gotama, l'être libéré existe-t-il après la mort ? Pensez-vous que cette opinion seule est la vérité et que le reste n'est qu'absurdité ?"

"Non, ô Uttiya (l’un des jeunes religieux), je n'ai pas dit que l'être libéré existe après la mort, tout cela seul est vérité est que le reste n'est qu’absurdité".

"A votre avis, honorable Gotama, l'être libéré n’existe pas après la mort ? Pensez-vous que cette opinion seule est la vérité et que le reste n'est qu'absurdité ?"

" Non, ô Uttiya, je n'ai pas dit que l'être libéré n’existe pas après la mort, tout cela seul est vérité est que le reste n'est qu’absurdité."


Je vois encore ici que sur une question sur la vie après la mort (cela concerne aussi la réincarnation) Bouddha se contente de dire qu'il n'a rien dit… Personnellement j'en déduis qu'il ne souhaite pas dire le fond de sa pensée.

Un peu plus loin Uttiya insiste encore, Bouddha lui répond :


"Non, ô Uttiya, je n'ai pas dit que l'être libéré n’est ni existant ni non existant après la mort, que cette opinion seule est la vérité, que le reste n'est qu’absurdité."

"Or,Si vous n'avez pas dit tout ça, honorable Gotama, dites-moi ce que vous avez dit."

"Avec plein de compréhension, ô Uttiya, j'enseigne la doctrine aux auditeurs et cette doctrine là a pour but la pureté, la suppression du chagrin et du désespoir, la fin de la souffrance et de la dépression, l'intention de la haute sagesse et la réalisation du Nirvana."


Ici je vois clairement Bouddha rappeler que toutes ses propres interventions ne sont liées qu’à l’enseignement sur la vérité de la souffrance, l'origine de la souffrance, la cessation de la souffrance et le chemin menant à la fin de la souffrance. Bref il n'enseigne sur rien d’autres, donc rien sur ces questions métaphysiques.


Si personnellement, je suis convaincu que Bouddha ne croyait pas à la réincarnation, il est évident que toutes les écoles, tous les courants du bouddhisme sont convaincus du contraire… Avec humour je dis que je suis bouddhiste lié au 4ème véhicule, mon véhicule… (Voir aussi mon article précédent)

Pour connaître tous mes articles sur le bouddhisme, commencer par celui-ci : "Je suis bouddhiste..." 

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 09:17

Je vais essayer de préciser de quel bouddhisme je suis le plus proche. Tout d’abord quelques rappels.

 

Les trois grandes branches principales du bouddhisme sont : le petit Véhicule (Hinayana) qu'on retrouve au Sri Lanka, en Birmanie, en Thaïlande et au Vietnam ; le grand Véhicule (Mahayana) qui s'est imposé en Chine, en Corée et au Japon ; enfin le Véhicule tantrique  (Vajrayana) essentiellement situé au Tibet, Népal, Bhoutan, Nord de l’Inde et en Mongolie. Chaque grande branche se décompose en plusieurs écoles avec leurs écrits, leurs rites, leurs maîtres.

 

En essayant de faire court, le petit Véhicule, qui prend forme dès la mort de Bouddha au Ve siècle avant Jésus-Christ,  se limite à la doctrine primitive, Bouddha disait lui-même : « je n'enseigne qu'une chose, ô disciples : la souffrance et la délivrance de la souffrance ». Le grand Véhicule apparaît au IIe siècle avant Jésus-Christ, il donne une interprétation plus importante et plus généreuse, ses écrits sont, soi-disant, issus d'une origine antique, cachés et ignorés depuis la mort de Bouddha. La grande différence avec le petit Véhicule est l'arrivée de la notion de compassion, aider les autres à atteindre la délivrance de la souffrance. Avec le grand véhicule le bouddhisme oublie, aussi, sa nature athée. Enfin le Véhicule tantrique, apparu au VIIe siècle après Jésus-Christ, s'éloigne vraiment de la doctrine primitive. Il emprunte à l'hindouisme et à la religion Bon ses aspects les plus extravagants. Le Véhicule tantrique, ésotérique, mystique est très éloigné de l'agnosticisme du bouddhisme primitif.

 

Lorsque je discute avec des amis nous avons parfois du mal à nous comprendre car nous ne sommes pas attachés au même Véhicule. Nous avons aussi nos propres lectures qui nous servent de référence.

 

Bouddha n'a jamais écrit, il a fait des sermons et il a eu de nombreux entretiens. Il a vécu au VIe siècle avant Jésus-Christ. Dès sa mort quelques centaines de moines se sont réunis pour fixer par écrit les règles prescrites par bouddha concernant la doctrine et la vie monastique. Au cours des siècles, ces textes ont été réécrits, traduits et encore réécrits ; aujourd'hui les textes retenus liés au petit Véhicule, le véhicule des auditeurs, sont ceux issus d’une des écoles du Hinayana, l’école Théravada (selon certains écrits toutes les écoles du petite véhicule ont disparu, le Théravada en est seulement l'école la plus proche mais qui intègre quelques notions du grand véhicule). Les textes liés au grand Véhicule, le véhicule des bodhisatvas, ont été écrits entre le Ier siècle avant Jésus-Christ et le Ve siècle, c'est là qu'apparaissent les notions de compassion, de vacuité et de bodhisattvas (toutefois dans certaines études du bouddhisme on parle aussi de bodhisattvas pour le petit Véhicule). Enfin les textes dont se rattache le Véhicule tantrique naissent à partir du VIIe siècle. Bien entendu au cours des temps tous ces textes se sont « enrichis » de légendes, d'appréciations personnelles des rédacteurs, etc. Enfin, il existe une multitude de textes issus de gourous, Rinpotchés et autres maîtres du bouddhisme qui donnent leur compréhension sur les textes origines.

 

Pour terminer je constate moi-même que dans toutes mes lectures, sur le bouddhisme, il y a parfois des incohérences voire des contradictions. Et comme dans la Bible, il y a beaucoup de métaphores, de symboles, d’images ; par exemple, dans le petit Véhicule le démon Mâra représente la passion et les désirs, dans le Véhicule tantrique les démons prennent vie ; en effet, dans ce véhicule, beaucoup plus ésotérique, on n'y trouve des démons, des divinités, des sorciers, de la magie, etc..

 

Avec mes amis intéressés au bouddhisme nous avons aussi des divergences sur la notion de Nirvana. Selon mes propres  lectures le nirvana est lié à l’éveil, la compréhension parfaite et la réalisation des « quatre nobles vérités » qui permet d’échapper complètement à la souffrance et aux renaissances, il n’y a aucune notion de « paradis » où l'on continuerait à exister après la mort, c’est contraire avec la thèse bouddhiste du non-soi et de la vacuité. Le nirvana n'est pas non plus la mort, mais plutôt la fin de la croyance en un ego permanent et indépendant.

 

Maintenant personnellement, je me dis bouddhiste essentiellement  attaché au petit Véhicule, mais aussi aux principes de compassion et de vacuité du grand Véhicule. La notion de vacuité, même si j’ai du mal à bien la définir, m’aide à appréhender la notion de non-soi (en fin de compte je n’existe pas en soi), notion que je crois absolument nécessaire pour atteindre la délivrance de la souffrance. Le bouddhisme tantrique, au risque de choquer, m’attire par son côté folklorique (un vrai spectacle), par la beauté de ses monastères et temples et par son côté ésotérique (mon côté ado).

 

Je rappelle que ma culture bouddhique reste limitée à mes lectures :

-  « Le bouddhisme de Bouddha » de Alexandra David-Neel (exposé des grands principes du bouddhisme) .

-  « Tibet – les chevaux du vent » de Jérôme Edou (entre autres, on y apprend vraiment beaucoup sur le bouddhisme tibétain et sur l'histoire politique du Tibet qui n'est vraiment pas si simple).

-  « La fin de la souffrance » de Pankaj Mishra (analyse historique, philosophique et spirituelle du bouddhisme par un adepte de la philosophie occidentale, notamment Nietzsche).

-  « Le bouddhisme » d’Henri Arvon (collection Que sais-je ?) (un bon aperçu sur l’histoire et les véhicules).

-  « Le message des tibétains » d’Arnaud Desjardins( sous-titre : le vrai visage du tantrisme).

-   De Chögyam Trungpa : 

«Voyage sans fin » - la sagesse  tantrique du Bouddha 

« Enseignements secrets » -  L’incandescence du réel 

« Le mythe de la liberté » - et la voie de la méditation

-  De Môham Wijayaratna :

«Sermons du Bouddha » - traduction intégrale de 20 textes du canon bouddhique.
« Entretiens du Bouddha » - traduction intégrale de 21 textes du canon bouddhique (que je trouve particulièrement intéressant et qui renforce mon approche du bouddhisme).

-  De Matthieu Ricard :

« L’esprit du Tibet » la vie et le monde d’un maître spirituel.
« Chemins spirituels » petite anthologie des plus beaux textes tibétains (en cours de lecture)

-  Milarépa par Marie-José  Lamothe – La vie – les cent mille chants (je n’ai pas commencé la 2ème partie les cent mille chants).

-  Siddharta d’Hermann Hesse  (j’y retrouve la condamnation de ce monde moderne et la force de la vie contemplative).

-  Quelques études trouvées sur Internet.

-  Quelques conférences dont  une très surprenante du Dalaï Lama : construire une société compassionnelle par la voie laïque (si si je dis bien laïque) pour en savoir plus « Cliquez ici ».

 

A suivre (notamment pour parler de ce livre sur les entretiens du Bouddha).

En attendant, l'article prochain : Bouddha et la réincarnation

Pour connaître tous mes articles sur le bouddhisme, commencer par celui-ci :"Je suis bouddhiste..." 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 12:06

 

Retour sur les moyens pour aider au renoncement des causes de la souffrance.

 

Rappel des conclusions de mon dernier article "Je suis bouddhiste (suite 8)", où je posais deux questions :

- Souffre-t-on vraiment ?

- Quel intérêt la vie sans désir ?

 

La 1ère conclusion était de dire que si pour une majorité d'entre nous (mes proches) les sujets de souffrance étaient d'une part limités et d'autre part n'entraînaient que des petites souffrances rapidement oubliées, on connaissait tous des personnes plus ou moins éloignées qui vivaient de réelles souffrances. De plus, force est de constater que plus on avance dans l'âge plus les causes de souffrance se multiplient. Il était donc judicieux de profiter de notre état  favorisé pour se préparer sereinement à l'arrivée d'éventuelles souffrances.

 

La 2ème conclusion était un rappel d'un point de l'enseignement du Bouddha : renoncer aux causes de la souffrance notamment, entre autres, "ne pas obtenir ce que l'on désire". La cause de cette souffrance spécifique est donc le désir. Je précisais que personnellement je n'avais pas envie de freiner mes propres désirs et je rappelais cette phrase du Dalaï Lama qui atténuait un peu l'enseignement littéral du Bouddha : http://3.bp.blogspot.com/-xBY_gI6ZGJk/TW9gGdRw-rI/AAAAAAAAAvg/0A4Z2NxgESU/s320/dalai-lama.jpg

"Quand on enseigne qu'il faut réduire sa fascination pour les choses de cette vie, cela ne veut pas dire que l'on doit renoncer totalement à ces dernières, mais qu'il faut se garder de la tendance naturelle à passer de l'exaltation à la dépression au gré des hauts et des bas de l'existence, de sauter de joie dès que l'on réalise un gain ou d'être prêt à se jeter par la fenêtre si l'on n'obtient pas ce que l'on veut à tout prix. Etre moins préoccupé par les affaires de cette vie signifie garder un esprit vaste et stable face aux aléas de l'existence."

 

Donc nous pouvons retenir d'une part que si nous ne souffrons pas, nous pouvons tout de même nous préparer aux souffrances à venir et d'autre part que, un désir non satisfait pouvant faire souffrir, nous pouvons apprendre à réduire nos envies pour les choses de la vie et nous pouvons apprendre aussi à minimiser ainsi nos frustrations.


Depuis on m'a fait remarquer qu'il n'était pas nécessaire de suivre l'enseignement du Bouddha pour atteindre une certaine sérénité devant les difficultés de la vie.

Certes beaucoup de bon sens et une certaine modestie dans les ambitions matérielles et professionnelles suffisent pour ne pas subir une grande partie des causes de la souffrance liée aux désirs ; de plus quand cette souffrance est là avec de la réflexion on arrive à relativiser, à accepter cet état de fait.

C'est vrai, mais il est facile de dire cela quand on n'est pas dans la situation. Nous constatons chaque jour que pour certains voire des proches ce n'est pas si simple. Et souvent pour une grande majorité d'entre nous dès que la souffrance réelle est présente, ce qui paraissait facile avant devient beaucoup plus compliqué.

Mon expérience personnelle : mon désir profond d'avoir une famille unie a été cassée par mon divorce (plus de 10 ans maintenant) et ce fut, pour moi, une difficulté immense à raisonner sereinement, à réfléchir, à oublier, à admettre, à comprendre ; à chaque pensée sur le sujet c'était souffrance et cela pendant de nombreuses années, le seul moyen d'y échapper était de fuir tout événement qui me rappelait ce divorce...

Alors pour moi il est évident que l'enseignement bouddhiste est vraiment une nécessité pour le bien-être, de soi-même et pour les autres. La méditation et la compassion sont, pour moi, les deux moyens les plus efficaces dans cette recherche. 

 

La méditation

La plupart de nos souffrances, encore une fois pour la majorité d'entre nous de toutes petites souffrances, est issue du jeu de nos pensées, de leurs désordres. Dès que nous connaissons un moment de calme, de repos, les pensées arrivent ; heureusement pour nous ce sont des pensées qui ne perturbent pas notre humeur. Mais parfois si nous connaissons quelques soucis, si nous rencontrons quelques difficultés dans notre quotidien il est évident que nos pensées sont dominées par ces ennuis. Selon leur importance, leur conséquence sur notre vie, nous pouvons avoir des difficultés à sortir de cet afflux de pensées négatives ; parfois on dit que « le petit vélo s'est mis en marche ».

Dans le cas d'un divorce une multitude de questions, de pensées, occupent l'esprit :

- Pourquoi n'avons-nous pas parlé avant ?

- Pourquoi sacrifier cette vie de famille ?

- Pourquoi ne m'aime-t-elle (il) plus ?

- Pourquoi ces dizaines d'années perdues ?

- Que vais je faire maintenant ?

- J'en ai marre de cette vie !

- Etc.

Des scénarios similaires existent pour des cas de perte d'emploi, d'êtres chers disparus, de maladies, etc.

Nous sommes bien entendus conscients qu'il ne sert à rien de ressasser ses pensées, mais nous avons vraiment des difficultés à penser à autre chose et la vie peut en devenir insupportable. Parfois cet état de souffrance peut durer des semaines, des mois, des années…

La méditation permet de redonner tout son pouvoir à notre esprit ; je pourrais même dire lui redonner son intelligence, sa réflexion, sa force de compréhension, sa force d'analyse.

Personnellement je note dans mes séances de méditation trois étapes importantes ; les deux premières étapes sont liées à la respiration, je commence par réguler ma respiration afin d'être dans un état tranquille, ensuite je me concentre sur cette respiration en observant ses actions sur mon corps, des grattouillis du nez jusqu'à la chaleur dans les poumons. Grâce à ces deux étapes mon esprit se calme, ainsi je peux observer avec sérénité les événements proches ; cela peut être une douleur (genoux, dos,…), mais aussi un bruit extérieur (moteur, aboiements,…). Ensuite, apaisé, concentré je laisse venir les pensées et mon esprit, comme pour la douleur du genou ou le bruit de moteur, les observe sans jugement, avec équanimité.

Grâce à la méditation, ces pensées issues d'événements du passé, de faits d'actualité, de projets d'avenir ne sont pas sans importance mais sans incidence sur mon état, sur mon humeur, sur mon « moi » ; et c'est avec tranquillité, avec une grande quiétude que ces pensées vont influer sur mes choix, sur mes activités, sur mes désirs. En situation de méditation je relativise aisément l'importance de mes choix, de mes activités et de mes désirs ; j'arrive même à relativiser ma propre existence. Ainsi mes « échecs » petits ou grands ne m'amènent que très rarement de la frustration ; de ce fait je peux tenter d'autres projets, me lancer d'autres défis et cela sans angoisse, sans peur de rater.

Je vais encore reprendre un exemple : mon mal de genou ; quand je sens sa douleur que cela soit en marchant ou en méditant, j'arrive facilement à l'oublier. La souffrance est là mais je l'ignore. Mais ce mal de genou occupe aussi mes pensées : vais-je pouvoir faire ma randonnée de 250 km au mois de juin ? Est-il prudent de m'engager dans un trek de plus de 80 jours en juin 2012 au Népal ? Et bien c'est comme pour la douleur ces pensées négatives je les oublie rapidement, on verra bien… Et puis d'ailleurs si je ne peux pas satisfaire ces désirs, je trouverai d'autres sujets pour me faire plaisir.

 

En résumé, grâce à la méditation, si nous ne supprimons pas les souffrances nous apprenons à les relativiser, à les accepter et nous finissons par les ignorer. Elles ne nuisent plus à notre bien-être. 

 

De plus en oubliant nos propres souffrances nous sommes beaucoup plus ouverts aux souffrances des autres et c'est déjà le début de la compassion, mais ce sera le sujet d'un autre article.  

 

Ici je vais cesser de parler de la souffrance, mais d'une sensation absolument agréable qui m'arrive d'atteindre lors de mes méditations. Il m'arrive de ne plus avoir de pensées, de ne plus être dérangé par l'environnement et je me trouve dans un état, j'allais dire second, mais difficile surtout à décrire. C'est comme si je n'étais plus à ma place mais que j'étais partout ; je sais ce n'est pas clair. Dernièrement au cours d'un repas avec des amis j'ai essayé de m'expliquer en comparant mes séances de méditation à mes observations des couchers de soleil en montagne.

Quand je suis assis en position de méditation, au bout d'un moment, quand je suis particulièrement calme où mon esprit a oublié son corps j'ai l'impression d'être ailleurs, d'être à la fois loin et à la fois très proche. Je peux, en effet, comparer cette situation à ce qui arrive quand je regarde la nuit tomber en montagne. Je suis assis dans l'herbe en haut d'une falaise pour admirer les couleurs du coucher de soleil s'étaler dans la vallée beaucoup plus bas. Quand le jour est encore là je peux voir autour de moi la nature presque sauvage ici une fourmilière, là un arbre détruit par un orage, là encore ce chemin abrupt que j'ai gravi avec quelques difficultés. Peu à peu tous ces repères proches de moi disparaissent dans l'obscurité et mon regard se porte sur ce ciel flamboyant qui embrase la vallée et les montagnes qui l'entourent. Devant ce spectacle extraordinaire je reste assis et je laisse s'écouler le temps. Le soleil finit par disparaître de l'horizon et l'obscurité s'empare de la vallée et des montagnes. Il fait presque noir. Je reste assis là. C'est une nuit sans lune, doucement les étoiles apparaissent, une, deux, cent, une multitude… Tous ces points lumineux me montrent l'infinité de l'espace. Je n'ai plus conscience de lhttp://antwrp.gsfc.nasa.gov/image/0006/southerncross_gb_big.jpga fourmilière, de l'arbre brûlé, du chemin abrupt mais je prends conscience de l'immensité de ce vide si riche. Je prends conscience que je ne suis rien mais que je fais aussi parti de ce vide. Ces moments intenses que je découvre en montagne il m'arrive de les ressentir lors de la méditation. La fourmilière, l'arbre brûlé et le chemin abrupt sont remplacés par ma douleur de genou, le bruit de moteur et mes pensées négatives ; pareil, tout disparaît et les yeux fermés je me retrouve dans un vide intense si riche et très agréable. Je me demande parfois si cela ne ressemble pas à la vacuité dont parlent les bouddhistes.

Est-ce plus clair mon état second ?

Dans le prochain article, j'aborderai "Mon bouddhisme" : Je suis bouddhiste (suite 10 - mon bouddhisme)…

Pour connaître tous mes articles sur le bouddhisme, commencer par celui-ci :"Je suis bouddhiste..." 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 15:47

Retour sur la souffrance et au renoncement des causes de la souffrance (au moins une).

 

Souvent quand je discute avec des amis sur le bouddhisme et son but : "la fin de la souffrance", notre discussion tourne sur deux questions :

- Souffre-t-on vraiment ?

- Quel intérêt la vie sans désir ?

 

Avant d'aller plus loin rappelons nous la définition bouddhiste de cette souffrance, cause de notre mal-être individuel et général :

  
La dukkha

C
e mot désigne la souffrance, la douleur, le chagrin, le malheur et le mal-être, mais aussi les conflits, le mal, l'absurdité, l'insatisfaction. Le contraire de dukkha est nibbana (en sanscrit nirvana).

Les principales causes de la Dukkha sont la naissance, la vieillesse, la maladie, la mort, être uni à ce que l'on n'aime pas, être séparé de ce que l'on aime et ne pas obtenir ce que l'on désire


Bouddha nous enseigne la voie qui permet de faire cesser cette souffrance, la voie qui permet de ne pas connaître cette souffrance.


Souffre-t-on vraiment ?

 

En effet, on peut se poser la question. Certes nous avons tous nos moments difficiles mais globalement peut-on parler de souffrance ?

Si nous ne sommes pas sans travail, si nous ne sommes pas sans logement, si nous n'avons pas de grave maladie, si nous ne sommes pas en fin de vie, peut-on parler de souffrance ? 

Même pour moi, aujourd'hui à 16h00 je souhaite que tout le monde connaisse mon "état". Serein, sans souci, bref une vie radieuse semble être mon quotidien.

Pourtant si je regarde en arrière je peux avoir des raisons de souffrir : une vie de famille détruite, une timidité maladive qui a nuit à ma vie sentimentale, une trouille du vide m'empêchant de découvrir des sommets himalayens, etc..

Si je regarde le présent je pourrais  souffrir un peu à cause de cette toujours timidité maladive (même si avec l'âge je le cache facilement), cette trouille du vide qui m'empêche encore de m'éclater sur des chemins abrupts et en plus voici l'arrivée de mes premières douleurs dues à l'âge.

Si je regarde le futur, hou la la, la liste est longue de causes qui peuvent amener la souffrance !

 

Plus sérieusement, il y a beaucoup de petites choses qui nuisent au bien-être et qui peut facilement perturber notre quotidien et réellement peut devenir de vraies souffrances ; c'est tout ce qui est lié à la notion : "ne pas obtenir ce que l'on désire". En voici une petite liste ("je" ici est impersonnel) :

- Je désire ce nouveau micro... Mais trop cher !

- Je désire visiter la Lybie... Mais ce n'est pas le moment !

- Je désire ce pot géant de nutella... Mais ce n'est pas bon pour la ligne !

- Je désire voir disparaître ces rides... Irrémédiable !

- Je désire une promotion... Mais je suis trop jeune !

- Je désire une mutation... Mais je ne suis pas prioritaire !

- Je désire un nouveau boulot... Mais je ne trouve pas !

- Je désire cultiver bio... Mais je n'ai pas de jardin !

- Je désire que la paix s'installe partout... Mais ils se battent partout !

- Je désire que mes petits enfants connaissent une planète propre... Mais pffffffff !

- Je désire que mes frères humains partagent équitablement les ressources de la Terre... Re ppffffff !

- Je désire que le "nabot" perde les élections 2012... Mais...

- Je désire qu'elle me désire... Mais ce n'est qu'en rêve !

- Je désire avoir un bébé... Mais il est dingue !

Certes, c'est une liste de petits désirs qui non atteints ne nuisent pas généralement à notre équilibre, encore que ça dépend  pour qui. Voici une autre liste qui peut toucher des amis que nous connaissons :

- Je désire trouver du travail... Mais cela fait X ans que je cherche !

- Je désire obtenir un logement sain... Mais la liste d'attente est longue !

- Je désire retrouver la santé... Mais incurable !

- Je désire encore vivre un peu... Mais trop tard !

- Je désire manger un peu aujourd'hui... Mais on m'ignore !

- Je désire voir mes parents... Mais ils ne sont plus !

- Je désire voir mon enfant... Mais il n'est plus !

- Je désire un avenir pour mes enfants... Mais les bombes pleuvent ! Mais la sécheresse détruit nos cultures ! Mais le choléra est dans notre camp ! Mais, mais...

Cette liste ne nous concerne pas ? Aujourd'hui sûrement mais demain ? Impermanence. Faut-il s'y préparer ? Sûrement ne serait-ce qu'en prévision de toutes les souffrances liées au vieillissement mais aussi pour les plus jeunes devant cet avenir incertain.

 

Concerné par le vieillissement je reviens sur les souffrances qui nous guettent  :  les problèmes de santé, la fin qui approche mais aussi par la perte croissante de proches tant aimés.

 

Bouddha nous enseigne que la suppression de la souffrance est possible. Il nous montre le chemin qui mène à la fin de la souffrance. Mais doit-on attendre de souffrir pour suivre ce chemin ? bien sûr que non. Plus tôt nous le suivons, plus sûr est d'être en mesure d'ignorer cette souffrance, d'accepter comme un fait cette souffrance.

 

Ce chemin, la voie vers l'Eveil, permet à notre esprit de maîtriser notre "soi", permet d'éliminer le mécontentement, la haine, l'attachement, la peur, l'illusion et le désir . Je suis persuadé que de suivre cette voie, cette méthode, en plus d'ignorer la souffrance, permet un véritable bien-être quotidien. C'est avec sérénité (du recul) que sont abordées toutes les difficultés quotidiennes. Mais cela je l'ai déjà dit dans mes articles précédents je vais donc directement à la deuxième question citée plus haut (d'ailleurs elle me fera revenir sur le même sujet). 


 

Quel intérêt la vie sans désir ? (le renoncement)


En effet aurait-on envie de se réveiller le matin si nous n'avions pas de désirs ? Je reste persuadé que le désir est le seul moteur de notre existence. Encore une fois je vais essayer de m'expliquer par un flot d'exemples, certes personnels :

- le matin je fais soit un footing soit 25 minutes de gym, pourquoi ? Pour entretenir mon corps afin de répondre à mon désir de faire le sentier de Stevenson en juin (254 km à pieds), à mon désir de traverser d'est en ouest le Népal en 2012 et à mon désir de ne pas faire fuir les regards de la gente féminine. Sans ses désirs ferai-je encore attention à mon corps ?

- je passe quelques heures sur internet dans un but politique (blog, etc) car je désire fortement un nouveau modèle de société pour le bien de mes petits-enfants mais aussi pour un meilleur avenir pour tous les êtres humains démunis ici ou là. Sans ce désir m'impliquerai-je encore dans la vie de la cité ?

- j'ai des amis avec qui j'aime passer de bon moment, j'essaie d'entretenir ces liens car je désire profiter de leur savoir, de leur compétence, de leur bonne humeur mais je désire surtout partager avec eux mes moments de bonheur. Sans ses désirs aurai-je encore une vie sociale ?

Bien sûr je peux encore citer d'autres désirs, certains non atteints, pour enrichir mon propos mais cela risque de faire beaucoup...

Bref facilement on peut voir que tous ces désirs et la volonté de les réaliser donnent à mon existence un intérêt évident. Tous ces désirs alimentent mon désir principal qui est... de vivre ; sans cela... 

 

Alors dois-je faire de la pub pour les idées de Bouddha dont un des objectifs est de renoncer à tous les désirs car non atteints ils entraînent frustration, souffrance ?

 

Tout le monde aspire à plus de richesse,  à un travail fructueux, à un meilleur logement, à une meilleure santé, à une vie amoureuse intense et Bouddha nous conseille de renoncer à tout cela car encore une fois si à ces désirs nous sommes insatisfaits, la souffrance s'emparerait de nous... 

Bref, dans le bouddhisme c'est ce qu'on appelle "renoncer aux causes de la souffrance". Grâce à Matthieu Ricard, j'ai noté un texte du Dalaï-Lama actuel qui relativise cet enseignement :

"Quand on enseigne qu'il faut réduire sa fascination pour les choses de cette vie, cela ne veut pas dire que l'on doit renoncer totalement à ces dernières, mais qu'il faut se garder de la tendance naturelle à passer de l'exaltation à la dépression au gré des hauts et des bas de l'existence, de sauter de joie dès que l'on réalise un gain ou d'être prêt à se jeter par la fenêtre si l'on n'obtient pas ce que l'on veut à tout prix. Etre moins préoccupé par les affaires de cette vie signifie garder un esprit vaste et stable face aux aléas de l'existence;"

Voilà la réponse est là. Je continuerai à faire de la pub sur l'enseignement du bouddha  car si aujourd'hui je ne suis pas, vous n'êtes pas, dans une vie d'échecs, de frustrations en tout cas pas à un niveau qui fait de notre existence un moment de grande souffrance, tout peu changer c'est la notion d'impermanence chère au bouddhisme. 

Et il suffit d'ouvrir les yeux, d'écouter ici et là pour bien comprendre qu'une existence sereine peut se transformer en un véritable calvaire, en un véritable drame :

"Drame familial, il n'a pas supporté sa séparation, il a etc etc... pleurs."

"Licencié, il a pris en otage etc etc... pleurs."

"Subissant un management abusif, il met fin à etc. etc.... pleurs."

"Désabusé, il se réfugie dans l'alcool etc. etc.... pleurs."

"Insatisfait, succombant aux plaisirs artificiels il etc. etc.... pleurs".

"N'acceptant plus sa maladie, il décide etc. etc.... pleurs".

"Etc. etc...."


Pour conclure, suivre au plus tôt (et surtout quand "on est bien") l'enseignement du bouddha permet d'appréhender toutes ces difficultés, tous ces accidents de la vie avec sérénité, équanimité. Et je vous assure qu'en suivant cet enseignement lorsqu'on s'engage dans des challenges professionnels, des projets de vie, etc. c'est avec une certaine tranquillité d'esprit. 

Chercher à satisfaire ses désirs, ses plaisirs sans aucune peur de l'échec car s'il y a échec on n'en sera pas perturbé, car on n'en souffrira pas (ben c'est pas grave). C'est quand même génial !  

A suivre...


Sur ce sujet lire aussi :

Et ce n'est pas moi qui le dit...

Je suis bouddhiste (suite 1)

Sans oublier la suite :

Je suis bouddhiste (suite 9 - le bien-être par la méditation)

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 10:07

Attention pour adulte... interdit au moins de 12 ans.

 

Mon rêve :

J'étais parti seul en voyage dans le nord de l'Europe. Danemark, Pays-Bas, Suède ? Je ne saurai le dire. Je souhaitais me rendre dans une ville, un grand port du nord. Du début de mon rêve je ne me souviens seulement que je cherchais un moyen de transport pour me rendre dans cette ville, ce fut un sous-marin. Sous mer, rien à voir même si ce sous-marin était équipé d'hublots, les remous de l'eau empêchés d'admirer les fonds marins. Je m'assoupis.

L'arrêt du sous-marin et l'annonce signalant l'arrivée au terminus me réveillèrent. J'étais dans un état second , un peu comme quand vous vous réveillez brutalement après avoir dormi très profondément et que vous vous demandez où vous  vous trouvez. Je me retrouve dehors et n'arrive pas à repérer l'endroit où je suis. Suis-je bien arrivé à destination de mon voyage ? Certes je suis dans un port ; près de moi se trouve une station de tramway mais je suis incapable de lire, traduire les noms que je vois. Quel est donc ce port, cette ville ?

C'est un rêve et pour l'instant rien d'assez étrange pour justifier cet article, mais... Patientez... 

Je décide de quitter le quartier est de rejoindre, par un chemin à travers un parc, la vielle ville qui se trouve en hauteur. Mon regard ne peut s'empêcher de s'attarder sur les passantes que je croise. Elles sont particulièrement jolies avec leur jupe virevoltant autour de leurs longues jambes très blanches. Des lèvres d'un rouge intense révèlent encore plus la pâleur de leur visage. Elles m'ignorent... moi non. Peu à peu, mon corps, dans son rôle physiologique, me rappelle que j'ai un excédent masculin à évacuer. Là où je me trouve, il est évident que je dois trouver une personne qui se charge de répondre à l'appel de mon corps. Une personne dont c'est le métier car il y avait une certaine urgence...

Ne connaissant pas la ville, je cherche l'office du tourisme pour y trouver peut-être une information sur un plan de ville, quartier chaud... Je finis par le trouver (pas le quartier chaud). Mais il était fermé, mais comme cela arrive pour les rêves, cette étape est particulièrement floue ; ce dont je me souviens c'est qu'à l'intérieur de l'office de tourisme je tombe nez à nez avec deux de mes amies qui m'aident à trouver des plans de ville. De plus une personne d'un certain âge s'approche de moi et il est évident qu'elle me connaît, mais moi elle ne me rappelle rien... Bref ces rencontres font que mon esprit oublie complètement le besoin de mon corps...

Toujours rien dans ce récit ne nécessitait de relater mon rêve sur le blog, j'y arrive...

La personne qui semble me connaître m'amène à l'extérieur pour que je la prenne en photo et là surprise,  mon esprit dégagé de l'attente de mon corps découvre une ville merveilleuse. Deshttp://storage.canalblog.com/40/66/238103/13887357.jpg maisons, à colombage en céramique ou en faïence peint d'un joli vert émeraude, entourées une place dont une partie donnée sur une terrasse qui surplombait une rivière encaissée ; sur l'autre berge, sur une falaise, se trouvaient deux forteresses immenses et d'époque différente,  mélange de la citadelle de Carcassonne et des châteaux de Bavière. Il m'est très difficile de décrire ce spectacle majestueux ; tout cela sous un ciel bleu parsemé de quelques petits nuages blancs. Un frisson me parcourt, c'était vraiment beau.

J'arrive à l'étrangeté de mon rêve, jusqu'à maintenant rien d'extraordinaire.

Je reviens à la réalité et je m'étonne que les personnes autour de moi ne semblent pas s'intéresser à cette peinture vivante. Là mon rêve prend une nouvelle tournure... Je regarde les gens autour de moi et là je vois, tout près, Jean-Jacques Rousseau...

Je rêve encore mais je prends conscience de la bizarrerie de la situation. Et dans mon rêve, je me demande la raison de sa présence. Il est vrai que la personnalité de Rousseau m'a toujours interpellé, après avoir lu ses confessions je pense (peut être à tort) qu'il avait de gros problèmes personnels : je le vois d'abord paranoïaque voyant des ennemis partout même ses amis, mais aussi comme un détraqué sexuel (détraqué est un peu fort, disons perturbé)...

Toujours dans le rêve, mais de plus en plus conscient de rêver et de mon réveil proche, j'essaie d'écouter Rousseau et je l'entends dire :

"…Certes il est élégant, d'une stature altière laissant croire à une plénitude de puissance. Son regard serein, plutôt synonyme d’« aboulique » que de « paisible », fait que s'il ne sourcillait pas de temps en temps, on pourrait croire converser avec une statue de cire. Etre froid, insensible, calculateur méphitique, il ne m'aime pas, je le hais…"

Et c'est cette phrase que je trouve absolument étrange pour un rêve, MON rêve, car à mon réveil j'ai dû prendre mon dictionnaire pour avoir la définition exacte de certains mots. Des mots que je n'utilise habituellement pas...

Etrange n'est-ce pas ?

 

Avertissement : la phrase écrite ici n'est pas tout à fait celle du rêve (la fragilité de la mémorisation des rêves), le sens est là, les mots "altier", "plénitude", "aboulique" aussi, ce sont des mots que je connais mais que je n'utilise pas ; en revanche, j'avoue, j'ai ajouté "méphitique" que j'ai découvert aujourd'hui en cherchant un synonyme de nauséabond.

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