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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 13:31

J’ai déjà fait part des effets de l’endomorphine sur mon esprit : (souvenez-vous…).

 

C’est lors des footings que je ressens les meilleurs effets de l’endomorphine. Depuis octobre 2011 j’ai cessé de courir pour préserver les articulations de mes genoux qui seraient fortement sollicitées au printemps suivant lors de mon trek de 80 jours au Népal. Cet été j’ai refait deux footings (en plus de mes randonnées) et c’était bien, j’ai donc décidé de reprendre mon rythme et ce matin j’ai couru mes 45 minutes habituelles dans le bois de Vincennes et…

 

Après avoir ajusté mon casque audio, j’ai commencé à courir. Durant les premières dix minutes, comme à chaque fois, je maudissais les petites douleurs liées à l’usure du temps sur mon corps. Puis rapidement l’endomorphine entrant en action je ne sentais plus ces maux et mon esprit libéré de ce souci commença à analyser les derniers faits de mon quotidien. Après un rapide balayage de la vie politique de notre pays où je constatais que mon pessimisme sur l’avenir de notre civilisation était encore là, j’abordais les pensées liées à mon « moi », à ma philosophie de vie… Et là, force est de constater qu’enfin mon esprit s’est complètement libéré de mon corps.

Bouffée de bonheur.

Déjà seules mes jambes, mécaniquement, suivaient les chemins mémorisés de mon circuit, déresponsabilisant ainsi mon esprit de cette tâche physique.

Sacrée endomorphine…

Sans effort, je regardais autour de moi vivre la forêt et peu à peu j’entrais en communion avec elle. J’étais particulièrement content de constater que les herbes, les buissons, les arbres ne m’avaient pas oublié ; c’est avec beaucoup d’émotion et de joie que je ressentais leur existence. J’étais surpris des larmes du grand tilleul mais rassuré par le sourire qui les accompagnait. Ces larmes ne m’étaient pas particulièrement adressées car ce tilleul était toujours très ému quand quelqu’un prenait conscience de son existence. En revanche moi-même je remerciais le soleil qui avait noirci mes verres de lunettes cachant ainsi la rougeur de mes yeux, mes larmes réelles étaient de bonheur. Bonheur de me sentir aussi bien dans toute cette nature.

Bouffée de bonheur, sacrée endomorphine…

Les grandes herbes, déjà jaunies, me faisaient remarquer que la forêt ne changeait pas, que les arbres toujours majestueux continuaient à les protéger des tempêtes que les bouvreuils et autres oiseaux nichaient toujours dans les bosquets, que les différents rongeurs assuraient toujours leur mission faunistique. Malicieusement le héron, maintenant complice de mes footings, me fait remarquer que toute cette nature vit sans nuire à la planète… Un marronnier me fit remarquer, avec un clin d’œil, qu’il n’avait pas besoin de parcourir le monde pour s’épanouir… Sentant leur envie de me rappeler que l’humain n’avait pas besoin, lui aussi, de tant d’ambition, de tant désirs pour pouvoir vivre sereinement, je les interrompis en leur demandant de me laisser savourer ces moments de joie intense et de ne pas me ramener si vite dans la dure réalité. Un grand houx me conseilla de fermer les yeux (je rappelle que seules mes jambes assuraient la progression de mon footing), de respirer bien fort et de bien m’épanouir (me redresser) pour que nous ressentions ensemble tous les vivants de la forêt cette force qui prouve que nous ne faisons qu’Un, l’essence même de la Nature…

Bouffées de bonheur. Sacrée endomorphine…  

Courant les yeux fermés, la tête bien redressée je sentais en moi les sensations de l’abscission que, dès l’approche de l’automne, connaissait toute cette forêt. Elle ne tarderait pas à s’endormir pour s’éveiller encore plus belle au prochain printemps. Je ressentais fortement en moi cette vie intense et pourtant si sobre… J’étais bien, très bien, les battements de mon cœur étaient au même rythme que mes bouffées de bonheur.

Sacrée endomorphine…

Mais voilà, les jambes arrêtèrent leur mouvement et mon esprit constatait notre arrivée devant le théâtre des marionnettes de Saint-Mandé. Le footing était terminé. Pendant mes étirements, je repense à ces 45 minutes de magie… Magie ou folie, peu importe, j’ai tant aimé.

Avant de rejoindre le chemin de retour j’ai appuyé ma main sur un platane, un long frisson m’a parcouru, j’ai levé le regard, croyez-moi, j’ai vu toutes ses feuilles tremblaient… sans aucun vent…

 

Sacrée endomorphine ! 

 

Voir aussiSacrée endomorphine (3)

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Published by Sagamartial - dans Ma vie
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clovis simard 29/03/2013 19:54


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