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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 15:47

Retour sur la souffrance et au renoncement des causes de la souffrance (au moins une).

 

Souvent quand je discute avec des amis sur le bouddhisme et son but : "la fin de la souffrance", notre discussion tourne sur deux questions :

- Souffre-t-on vraiment ?

- Quel intérêt la vie sans désir ?

 

Avant d'aller plus loin rappelons nous la définition bouddhiste de cette souffrance, cause de notre mal-être individuel et général :

  
La dukkha

C
e mot désigne la souffrance, la douleur, le chagrin, le malheur et le mal-être, mais aussi les conflits, le mal, l'absurdité, l'insatisfaction. Le contraire de dukkha est nibbana (en sanscrit nirvana).

Les principales causes de la Dukkha sont la naissance, la vieillesse, la maladie, la mort, être uni à ce que l'on n'aime pas, être séparé de ce que l'on aime et ne pas obtenir ce que l'on désire


Bouddha nous enseigne la voie qui permet de faire cesser cette souffrance, la voie qui permet de ne pas connaître cette souffrance.


Souffre-t-on vraiment ?

 

En effet, on peut se poser la question. Certes nous avons tous nos moments difficiles mais globalement peut-on parler de souffrance ?

Si nous ne sommes pas sans travail, si nous ne sommes pas sans logement, si nous n'avons pas de grave maladie, si nous ne sommes pas en fin de vie, peut-on parler de souffrance ? 

Même pour moi, aujourd'hui à 16h00 je souhaite que tout le monde connaisse mon "état". Serein, sans souci, bref une vie radieuse semble être mon quotidien.

Pourtant si je regarde en arrière je peux avoir des raisons de souffrir : une vie de famille détruite, une timidité maladive qui a nuit à ma vie sentimentale, une trouille du vide m'empêchant de découvrir des sommets himalayens, etc..

Si je regarde le présent je pourrais  souffrir un peu à cause de cette toujours timidité maladive (même si avec l'âge je le cache facilement), cette trouille du vide qui m'empêche encore de m'éclater sur des chemins abrupts et en plus voici l'arrivée de mes premières douleurs dues à l'âge.

Si je regarde le futur, hou la la, la liste est longue de causes qui peuvent amener la souffrance !

 

Plus sérieusement, il y a beaucoup de petites choses qui nuisent au bien-être et qui peut facilement perturber notre quotidien et réellement peut devenir de vraies souffrances ; c'est tout ce qui est lié à la notion : "ne pas obtenir ce que l'on désire". En voici une petite liste ("je" ici est impersonnel) :

- Je désire ce nouveau micro... Mais trop cher !

- Je désire visiter la Lybie... Mais ce n'est pas le moment !

- Je désire ce pot géant de nutella... Mais ce n'est pas bon pour la ligne !

- Je désire voir disparaître ces rides... Irrémédiable !

- Je désire une promotion... Mais je suis trop jeune !

- Je désire une mutation... Mais je ne suis pas prioritaire !

- Je désire un nouveau boulot... Mais je ne trouve pas !

- Je désire cultiver bio... Mais je n'ai pas de jardin !

- Je désire que la paix s'installe partout... Mais ils se battent partout !

- Je désire que mes petits enfants connaissent une planète propre... Mais pffffffff !

- Je désire que mes frères humains partagent équitablement les ressources de la Terre... Re ppffffff !

- Je désire que le "nabot" perde les élections 2012... Mais...

- Je désire qu'elle me désire... Mais ce n'est qu'en rêve !

- Je désire avoir un bébé... Mais il est dingue !

Certes, c'est une liste de petits désirs qui non atteints ne nuisent pas généralement à notre équilibre, encore que ça dépend  pour qui. Voici une autre liste qui peut toucher des amis que nous connaissons :

- Je désire trouver du travail... Mais cela fait X ans que je cherche !

- Je désire obtenir un logement sain... Mais la liste d'attente est longue !

- Je désire retrouver la santé... Mais incurable !

- Je désire encore vivre un peu... Mais trop tard !

- Je désire manger un peu aujourd'hui... Mais on m'ignore !

- Je désire voir mes parents... Mais ils ne sont plus !

- Je désire voir mon enfant... Mais il n'est plus !

- Je désire un avenir pour mes enfants... Mais les bombes pleuvent ! Mais la sécheresse détruit nos cultures ! Mais le choléra est dans notre camp ! Mais, mais...

Cette liste ne nous concerne pas ? Aujourd'hui sûrement mais demain ? Impermanence. Faut-il s'y préparer ? Sûrement ne serait-ce qu'en prévision de toutes les souffrances liées au vieillissement mais aussi pour les plus jeunes devant cet avenir incertain.

 

Concerné par le vieillissement je reviens sur les souffrances qui nous guettent  :  les problèmes de santé, la fin qui approche mais aussi par la perte croissante de proches tant aimés.

 

Bouddha nous enseigne que la suppression de la souffrance est possible. Il nous montre le chemin qui mène à la fin de la souffrance. Mais doit-on attendre de souffrir pour suivre ce chemin ? bien sûr que non. Plus tôt nous le suivons, plus sûr est d'être en mesure d'ignorer cette souffrance, d'accepter comme un fait cette souffrance.

 

Ce chemin, la voie vers l'Eveil, permet à notre esprit de maîtriser notre "soi", permet d'éliminer le mécontentement, la haine, l'attachement, la peur, l'illusion et le désir . Je suis persuadé que de suivre cette voie, cette méthode, en plus d'ignorer la souffrance, permet un véritable bien-être quotidien. C'est avec sérénité (du recul) que sont abordées toutes les difficultés quotidiennes. Mais cela je l'ai déjà dit dans mes articles précédents je vais donc directement à la deuxième question citée plus haut (d'ailleurs elle me fera revenir sur le même sujet). 


 

Quel intérêt la vie sans désir ? (le renoncement)


En effet aurait-on envie de se réveiller le matin si nous n'avions pas de désirs ? Je reste persuadé que le désir est le seul moteur de notre existence. Encore une fois je vais essayer de m'expliquer par un flot d'exemples, certes personnels :

- le matin je fais soit un footing soit 25 minutes de gym, pourquoi ? Pour entretenir mon corps afin de répondre à mon désir de faire le sentier de Stevenson en juin (254 km à pieds), à mon désir de traverser d'est en ouest le Népal en 2012 et à mon désir de ne pas faire fuir les regards de la gente féminine. Sans ses désirs ferai-je encore attention à mon corps ?

- je passe quelques heures sur internet dans un but politique (blog, etc) car je désire fortement un nouveau modèle de société pour le bien de mes petits-enfants mais aussi pour un meilleur avenir pour tous les êtres humains démunis ici ou là. Sans ce désir m'impliquerai-je encore dans la vie de la cité ?

- j'ai des amis avec qui j'aime passer de bon moment, j'essaie d'entretenir ces liens car je désire profiter de leur savoir, de leur compétence, de leur bonne humeur mais je désire surtout partager avec eux mes moments de bonheur. Sans ses désirs aurai-je encore une vie sociale ?

Bien sûr je peux encore citer d'autres désirs, certains non atteints, pour enrichir mon propos mais cela risque de faire beaucoup...

Bref facilement on peut voir que tous ces désirs et la volonté de les réaliser donnent à mon existence un intérêt évident. Tous ces désirs alimentent mon désir principal qui est... de vivre ; sans cela... 

 

Alors dois-je faire de la pub pour les idées de Bouddha dont un des objectifs est de renoncer à tous les désirs car non atteints ils entraînent frustration, souffrance ?

 

Tout le monde aspire à plus de richesse,  à un travail fructueux, à un meilleur logement, à une meilleure santé, à une vie amoureuse intense et Bouddha nous conseille de renoncer à tout cela car encore une fois si à ces désirs nous sommes insatisfaits, la souffrance s'emparerait de nous... 

Bref, dans le bouddhisme c'est ce qu'on appelle "renoncer aux causes de la souffrance". Grâce à Matthieu Ricard, j'ai noté un texte du Dalaï-Lama actuel qui relativise cet enseignement :

"Quand on enseigne qu'il faut réduire sa fascination pour les choses de cette vie, cela ne veut pas dire que l'on doit renoncer totalement à ces dernières, mais qu'il faut se garder de la tendance naturelle à passer de l'exaltation à la dépression au gré des hauts et des bas de l'existence, de sauter de joie dès que l'on réalise un gain ou d'être prêt à se jeter par la fenêtre si l'on n'obtient pas ce que l'on veut à tout prix. Etre moins préoccupé par les affaires de cette vie signifie garder un esprit vaste et stable face aux aléas de l'existence;"

Voilà la réponse est là. Je continuerai à faire de la pub sur l'enseignement du bouddha  car si aujourd'hui je ne suis pas, vous n'êtes pas, dans une vie d'échecs, de frustrations en tout cas pas à un niveau qui fait de notre existence un moment de grande souffrance, tout peu changer c'est la notion d'impermanence chère au bouddhisme. 

Et il suffit d'ouvrir les yeux, d'écouter ici et là pour bien comprendre qu'une existence sereine peut se transformer en un véritable calvaire, en un véritable drame :

"Drame familial, il n'a pas supporté sa séparation, il a etc etc... pleurs."

"Licencié, il a pris en otage etc etc... pleurs."

"Subissant un management abusif, il met fin à etc. etc.... pleurs."

"Désabusé, il se réfugie dans l'alcool etc. etc.... pleurs."

"Insatisfait, succombant aux plaisirs artificiels il etc. etc.... pleurs".

"N'acceptant plus sa maladie, il décide etc. etc.... pleurs".

"Etc. etc...."


Pour conclure, suivre au plus tôt (et surtout quand "on est bien") l'enseignement du bouddha permet d'appréhender toutes ces difficultés, tous ces accidents de la vie avec sérénité, équanimité. Et je vous assure qu'en suivant cet enseignement lorsqu'on s'engage dans des challenges professionnels, des projets de vie, etc. c'est avec une certaine tranquillité d'esprit. 

Chercher à satisfaire ses désirs, ses plaisirs sans aucune peur de l'échec car s'il y a échec on n'en sera pas perturbé, car on n'en souffrira pas (ben c'est pas grave). C'est quand même génial !  

A suivre...


Sur ce sujet lire aussi :

Et ce n'est pas moi qui le dit...

Je suis bouddhiste (suite 1)

Sans oublier la suite :

Je suis bouddhiste (suite 9 - le bien-être par la méditation)

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