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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 19:44

Ce matin ce mardi 20 avril, j'ai fait un footing riche, je vais essayer de vous faire découvrir pourquoi j'aime ça...

Tout d'abord quand je pars pour courir, toujours sous un ciel ensoleillé, c'est uniquement pour entretenir ce corps vieillissant. Je cours sous les frondaisons du bois de Vincennes en démarrant du lac de St Mandé. J'ai un casque sur les oreilles car j'ai une meilleure foulée lorsque je suis accompagné par des musiques que j'aime.

Les premières dix minutes, je sens mes douleurs, entre autres, aux genoux, ensuite peu à peu mon corps fournit assez d'endomorphine pour me faire oublier mes soucis liés à l'âge...

Ignorant ces petits maux, je pénètre dans le monde des pensées ; pas de la même façon que lors de mes méditations mais quand même avec beaucoup de sérénité et d'équanimité. Parfois, mon esprit cesse de scruter ces pensées pour prêter attention à ma foulée, à mon chemin. En effet, force est de constater que dans cette disposition mon esprit laisse les parties mécaniques de mon cerveau s'occuper de mon footing aussi doit-il de temps en temps vérifier le rythme de ma course, mais aussi le tracé suivi.

Aussi ce matin à un moment donné, courant dans un chemin avec gravier, mon esprit constata l'absence du crissement de ce gravier sous mes pieds. Ce qui était normal puisque je ne touchais plus le sol (si si je vous assure), j'étais à environ dix centimètres au-dessus du chemin. Habitué à cela, je reste toutefois surpris que mon corps réagisse exactement comme-ci l'attraction terrestre était là, je ressentais entre autre la fatigue musculaire.

Sacrée endomorphine...

Rapidement, après avoir fait ce constat, je suis reparti analyser mes pensées.

C'est vrai que j'apprécie le bois de Vincennes pour courir et ce matin je pris un peu de temps pour observer son étendue. Sur ma gauche, à l'Est, je pouvais voir les grues qui travaillent sur les nouveaux sites de l'IGN et de Météo France et sur ma droite, à l'ouest, je voyais le rocher du zoo... Et là bien entendu, je réagis car au niveau du sol ce n'était pas possible et en effet je n'étais plus à dix centimètres du sol mais entre dix et vingt mètres au-dessus de la canopée vincennoise. Quel spectacle !

Donc à l'est je pouvais voir le château de Vincennes avec son donjon, récemment restauré, illuminé par ce soleil de printemps, ensuite je pouvais voir le parc floral avec ses premiers visiteurs matinaux , je distinguais le lac des minimes avec un niveau de ses eaux très bas pour permettre des travaux, puis je remarquais quelques vaches et moutons dans l'enceinte de l'hippodrome. Là j'ai eu un pincement au coeur en ne pouvant ignorer ces murs surmontés de barbelés, ce n'est pas une prison mais un lieu où sont regroupés des êtres humains qui, pour se sauver de guerres ou de famines, ont fuit leur pays pour venir partager avec nous une vie où existe l'espoir et un avenir. C'était un rêve car on ne veut pas d'eux, on ne veut pas partager et on va les renvoyer vers leur destin sans avenir ; je baisse les yeux et je retiens quelques larmes d'impuissance. Je regarde vers l'ouest et je peux constater qu'effectivement aucun avion ne survole le sud du Val de Marne. D'ailleurs, le ciel est étonnamment bleu sans aucune trace, pas un seul de ses traits blancs qui zèbrent depuis longtemps notre ciel, merci au volcan islandais. Je termine, au delà du lac Daumesnil, sur les manèges de la "foire du trône", silencieuse et inerte à cette heure matinale... 

A cette altitude le bois de Vincennes parait tout petit.

Sacrée endomorphine.

Prêtant de nouveau attention sur mon circuit de footing pour ne pas trop m'éloigner, je m'aperçois que j'étais accompagné d'un héron cendré. Héron que j'ai déjà rencontré par deux fois.

La première fois, c'était au bord d'une de ces rivières artificielles du bois. Je réfléchissais, tout en courant, au changement climatique causé par l'homme et le héron, en pénétrant dans mes pensées, participa à la réflexion en me disant que, grâce à ce changement,  lui et ses compagnons remontaient de plus en plus vers le nord et qu'il découvrait de nouveaux lieux, de nouveaux êtres. Il était d'ailleurs assez surpris, ici on avait tendance à l'admirer et qu'il ne fallait pas qu'il s'y habitue car quand il retournera vers le sud on apprécierait plus sa chair... La deuxième fois, je revenais au sol et tel l'albatros sur un bateau, comme le dit si bien Charles, j'ai raté mon atterrissage et je me suis retrouvé  étalé de tout mon long à une dizaine de mètres de lui. Bien entendu le promeneur commun du bois a vu un "joggeur" se prendre les pieds dans une racine et s'étaler sur le chemin, quel naïf ! En effet comment peut il croire que moi, qui fait régulièrement ce circuit, n'avait pas déjà repéré tous ces pièges sur les chemins ; en revanche il est beaucoup plus crédible de constater qu'un atterrissage par un humain entre les arbres du bois n'est pas aisé et, de surcroît, ayant des grands abattis il n'est pas rare que j'accroche une branche ou deux, participant ainsi à mon déséquilibre et à ma chute. Bref tout ça pour dire que c'était ma deuxième rencontre et que j'ai pu constater qu'un héron cendré pouvait éclater de rire... 

Sacrée endomorphine.

Il est temps de rentrer, je laisse le héron en lui faisant un signe d'amitié et retrouve rapidement le sol et cette fois sans m'étaler sur le sentier. Il me reste environ cinq minutes de course, réellement à pieds, et ensuite je ferais mes vingt minutes d'étirements et ce sera une autre histoire.

Martial

Lire aussi : Sacrée endomorphine (2)

Définition d'endomorphine

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Published by Sagamartial - dans Ma vie
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