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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 09:00

Cette étape  a été pour moi la plus facile, transition entre la haute montagne de l'étape 4 et notre découverte du Tibet avec l'étape 6. Nous sommes là dans une des régions les plus reculées du Népal, à quelques années lumières du XXI° siècle. Le point d'orgue de cette Haute Route est le lac Rara, magnifique lac de montagne et les villages Thakuris ; nous rencontrons souvent des caravanes de chèvres porteuses de sel (avant..., aujourd'hui c'est essentiellemnt de l'alcool) . Nous allons découvrir au cours de cette étape une autre réalité du Népal : la pauvreté des régions reculées de ce pays.

 

 

Voici mon film d'un peu moins de 20 minutes qui résume cette étape...

Un conseil : lancer la vidéo en cliquant sur "Youtube" en bas à droite et ensuite sur l'écran YOUTUBE choisissez le format d'affichage HD 1080p (et inversement pour ceux qui n'ont pas l'ADSL) et plein écran, panneau de réglage en bas à droite de l'écran :


Mes films, en haute définition, peuvent saccader à la lecture quand il est lancé, il faut faire tout de suite pause ( II ) et attendre que le défilement du grisé (en bas de l'écran) soit complet (c'est plus ou moins long selon l'ADSL ou pas) avant de lancer la lecture, l'autre solution est de diminuer la qualité de lecture ; mais parfois cela dépend aussi de votre réception...

 

Le film : 

 


 

A suivre pour l'étape 6: "Le Tibet avec le pélerinage du Mont Kailash et le festival de Tharboché"

 

Le film de l'étape 1 : "ici"

Le film de l'étape 2 : "ici"

Le film de l'étape 3 : "ici"

Le film de l'étape 4 : "ici"

Le film de la dernière étape : "ici"

Rappel du parcours total : Zam Zam la totalité

 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 07:00

Cette quatrième étape nous conduit sur les chemins des caravanes du Dolpo qui furent immortalisées par le film "Himalaya, enfance d'un chef". De la vallée de Tarap nous rejoignons le Lac Phoksumdo et les villages Thakuris avec lesquels se font les échanges de sel et de céréales.  
Ces grands espaces ponctués de villages de pierre sèche, de petits monastères, de campements nomades, de lacs d'altitude, de troupeaux de moutons, de chèvres et de yaks... racontent la vie hors du commun des Dolpopas.

Cette étape sera la plus intense au niveau trek, beaucoup de neige rendant des paysages superbes mais plus délicats les chemins...

 

Voici mon film d'un peu plus de 20 minutes qui résume cette étape...

Un conseil : lancer la vidéo en cliquant sur "Youtube" en bas à droite et ensuite sur l'écran YOUTUBE choisissez le format d'affichage HD 1080p (et inversement pour ceux qui n'ont pas l'ADSL) et plein écran, panneau de réglage en bas à droite de l'écran :


Mes films, en haute définition, peuvent saccader à la lecture quand il est lancé, il faut faire tout de suite pause ( II ) et attendre que le défilement du grisé (en bas de l'écran) soit complet (c'est plus ou moins long selon l'ADSL ou pas) avant de lancer la lecture, l'autre solution est de diminuer la qualité de lecture ; mais parfois cela dépend aussi de votre réception...

 

Le film : 

 

 

 

Le film de l'étape 1 : "ici"

Le film de l'étape 2 : "ici"

Le film de l'étape 3 : "ici"

Le film de l'étape 5 : "ici"

Le film de la dernière étape : "ici"

Rappel du parcours total : Zam Zam la totalité

 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 07:00

Après une courte halte à Kathmandou, nous rejoignons l'ouest du Népal où nous empruntons les sentiers du Dhaulagiri pour un nouvel itinéraire insolite. Nous montons en direction du Dolpo en traversant villages Magars et forêts de rhododendrons. De beaux coups d'œil sur les sommets himalayens, notamment au pasage des cols à plus de 4 000 m. 
La région de Dorpathan, au pied du Dhaulagiri, est restée totalement inaccessible au tourisme depuis une quinzaine d'années. Aujourd'hui, nous pouvons retrouver cette ancienne route de commerce entre Pokhara et Dolpo.

 

 

Voici mon film de 20 minutes qui résume cette étape...

Un conseil : lancer la vidéo en cliquant sur "Youtube" en bas à droite et ensuite sur l'écran YOUTUBE choisissez le format d'affichage HD 1080p (et inversement pour ceux qui n'ont pas l'ADSL) et plein écran, panneau de réglage en bas à droite de l'écran :


Mes films, en haute définition, peuvent saccader à la lecture quand il est lancé, il faut faire tout de suite pause ( II ) et attendre que le défilement du grisé (en bas de l'écran) soit complet (c'est plus ou moins long selon l'ADSL ou pas) avant de lancer la lecture, l'autre solution est de diminuer la qualité de lecture ; mais parfois cela dépend aussi de votre réception...

 

Le film :

 


 

 

Le film de l'étape 1 : "ici"

Le film de l'étape 2 : "ici"

Le film de l'étape 4 : "ici"

Le film de l'étape 5 : "ici"

Le film de la dernière étape : "ici"

Rappel du parcours total : Zam Zam la totalité


 

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 07:30

De la vallée de l'Arun, nous enchaînons sur la région Raï et Sherpa en traversant d'Est en Ouest la région du Solu. Nous suivons l'itinéraire inédit appelé la " Voie Hillary " car c'est par là que Sir Edmond Hilary et Sherpa Tenzing ont rejoint le camp de base de l'Everest lors de leur expédition victorieuse de 1953. Là encore nous évitons les grands axes touristiques pour nous enfoncer dans la région du Solu et monter au Mont Piké (4000 m) pour l'un des plus beaux panoramas sur 600 km de chaîne himalayenne ! Nous découvrons l'univers bouddhique des Sherpas : murs de manis, stupas et petits monastères.

 

Voici mon film de 20 minutes qui résume cette étape...

 

Un conseil : lancer la vidéo en cliquant sur "Youtube" en bas à droite et ensuite sur l'écran YOUTUBE choisissez le format d'affichage HD 1080p (et inversement pour ceux qui n'ont pas l'ADSL) et plein écran, panneau de réglage en bas à droite de l'écran :


Mes films, en haute définition, peuvent saccader à la lecture quand il est lancé, il faut faire tout de suite pause ( II ) et attendre que le défilement du grisé (en bas de l'écran) soit complet (c'est plus ou moins long selon l'ADSL ou pas) avant de lancer la lecture, l'autre solution est de diminuer la qualité de lecture ; mais parfois cela dépend aussi de votre réception...

 

Le film :

 

 


 

 

Sur cette étape Huwans (nouveau nom de Club Aventure) a demandé à Julien Naar, jounaliste cinéaste de réaliser 3 reportages, les voici (on voit  la "patte" d'un professionnel ;) )  :

 

Le Chaman de Kerung

Dans ce premier film, on voit déjà l'importance liée aux rencontres, moments forts et riches de la plupart de mes voyages.  

 

 

 

 

Le Village de Ngawang

En regardant celui-ci, je n'ai pu empêcher la montée de quelques petites larmes notamment quand Caroline joue avec le bébé et quand le papa de Ngawang parle de son fils. 

 

 

 

 

Ascension du Mont Pike

Soyons honnête... Je suis assez fier de me retrouver dans ce reportage...

 

 

 

 

Le film de l'étape 1 : "ici"

Le film de l'étape 3 : "ici"

Le film de l'étape 4 : "ici"

Le film de l'étape 5 : "ici"

Le film de la dernière étape : "ici"

Rappel du parcours total : Zam Zam la totalité

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 21:00

Le voyage commence...

 

Après un vol intérieur pour Bhadrapur situé dans le Téraï oriental à quelques kilomètres de Darjeeling, capitale du Sikkim en Inde, nous rejoignons progressivement les collines couvertes de plantations de thé et les villages Limbu et Raï.

 

Le film de cette première étape.

Un conseil : lancer la vidéo en cliquant sur "Youtube" en bas à droite et ensuite sur l'écran YOUTUBE choisissez le format d'affichage HD 1080p (et inversement pour ceux qui n'ont pas l'ADSL) et plein écran, panneau de réglage en bas à droite de l'écran :


Mes films, en haute définition, peuvent saccader à la lecture quand il est lancé, il faut faire tout de suite pause ( II ) et attendre que le défilement du grisé (en bas de l'écran) soit complet (c'est plus ou moins long selon l'ADSL ou pas) avant de lancer la lecture, l'autre solution est de diminuer la qualité de lecture ; mais parfois cela dépend aussi de votre réception...

 

Le film :

 


 
A suivre...

 

Pour voir le film de l'étape 2, c'est : "ici"

le film de l'étape 3, c'est : "ici"

le film de l'étape 4 : "ici"

Le film de l'étape 5 : "ici"

Le film de la dernière étape : "ici"

 

Rappel du parcours total : Zam Zam la totalité

 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 11:45

Depuis plus d'un mois je suis de retour de mon voyage exceptionnel : Zam Zam, mon voyage 2012. C'était plus de 3 mois de voyages (100 jours) :

  • 84 nuits en bivouac sous tente avec pluie, neige, gel (dans la tente...) dans des campings (népalais ....) mais aussi dans des endroits montagneux surprenants, plusieurs fois au-dessus de 4500m ...
  • 79 jours de marche et houla la pas toujours simples, des chemins vertigineux enneigés et gelés plusieurs fois des demi-tours obligés à cause du danger, une dizaine de col à plus de 4000m dont 4 à plus de 5000m (mais un a refusé notre passage).
  • 100 jours à vivre en groupe (matin, midi et soir)... Il est vrai que lors de la dernière quinzaine j'aspirai à un retour à ma solitude... Je vous raconterai...

A part 3 jours de marche forcée pour rattraper le retard à cause d'un col que nous n'avons pas pu franchir, je n'ai pas senti de grosse fatigue. Cela dit j'ai quand même perdu 12 kg !!!!! Avant 78 kg et après 66 kg !!!!!!, certes à ce jour j'ai déjà repris 6kg.

 

Pour ce blog : je prévois 6 petits films de 5 à 10 minutes (un par étape), ils me serviront à faire le DVD Zam zam complet. En attendant mes premiers films je vous propose de regarder ceux-ci, ils ne concernent que la 2ème étape et ont été faits par un professionnel (journaliste cinéaste), Julien Naar avec qui, moi et le groupe nous avons beaucoup partagé nos moments d'émotions, nos moments de vie de voyageurs.

 

Le Chaman de Kerung

Dans ce premier film, on voit déjà l'importance liée aux rencontres, moments forts et riches de la plupart de mes voyages.  

 

 


 

Le Village de Ngawang

En regardant celui-ci, je n'ai pu empêcher la montée de quelques petites larmes notamment quand Caroline joue avec le bébé et quand le papa de Ngawang parle de son fils. 

 

 

 

Ascension du Mont Pike

Soyons honnête... Je suis assez fier de me retrouver dans ce reportage...

 


 
Ces trois films ont été commandés par Huwans Club Aventure qu'on peut retrouver sur leur site :
http://www.clubaventure.fr/img/logo-h.png
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Après plus d'un mois de retour, j'ai encore un peu la tête là-bas...
Pour voir mes propres films, 1 par étape (15 à 20 minutes) : Zam Zam 2012
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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 11:48

Tous les textes et toutes les photos sont issus du Blog de Club Aventure...

 

Interview de Buddhi Gautam guide de l'étape Zam Zam 1


Qu’est ce qui te motive pour encadrer la première étape Zam Zam 2012 ?

http://blog.clubaventure.fr/files/2011/09/Photo-134-150x150.jpgTout d’abord, c’est génial d’être dans cette grande aventure Zam Zam. Nous,  les guides qui encadrons ce voyage exceptionnel, avons participé au projet depuis le début, nous sommes allés faire les reconnaissances de l’itinéraire en hiver dernier, et l’accompagnement, c’est l’aboutissement ! je suis ravi d’accompagner la première étape de ce grand voyage inédit, c’est l’aventure !
De plus,  je vais faire découvrir la région d’où je viens à nos voyageurs clubaventure. C’est une étape assez facile avec une partie découverte et une partie trek. Les paysages (décrits ci-après) sont superbes et variés, beaucoup d’habitants de ce coin du Népal ne voient que très rarement des occidentaux. C’est une région très préservée, très authentique du Népal. Notre voyage est original et unique, comme toute la Grande Traversée d’ailleurs.

Quels paysages traversons nous pendant cette première étape ?

Nous atterrissons dans le Téraï Oriental, c’est une région tropicale située au niveau de la mer, recouverte de jungle. Puis nous montons jusqu’à Ilam,  la capitale du thé népalais. Nous randonnons et bivouaquons sous tente dans les plantations de thé en terrasses. C’est une région montagneuse où 88% de la population vit d’agriculture : thé, cardamome, riz, blé, pommes de terre, etc…
Puis, nous marchons dans la moyenne montagne népalaise (entre 2000 et 3000 m) avec de superbes points de vue sur les hauts sommets enneigés : Kanchenjunga,  Baruntse,  Kumbha Karna,  Chamlang, etc. Nous traversons des forets de rhododendrons qui fleurissent en mars ; 28 espèces de rhododendrons sont répertoriés dans la région de Milke Danda, dont la Lali Guransh, la fleur nationale du Népal. Notre trek sera donc très coloré.
http://blog.clubaventure.fr/files/2011/09/Nepal_NZAM_03_F-REGLAIN_LD.jpg

Quelles rencontres allons nous faire ?

Les régions que nous traversons sont habitées par différentes ethnies et castes du Népal. Les Limbus – qui avaient leurs petites principautés indépendantes dans l’ancien Népal – sont l’ethnie principale que nous rencontrons. Y habitent également les Rai, les bramines, et les « intouchables » (il est interdit par la loi népalaise d’utiliser ce terme,  mais cette caste existe,  c’est une tradition dans notre société).
Pendant le trek, nous faisons des rencontres spontanées et partageons quelques moments privilégiés avec les habitants de cette région préservée, les gens ne sont pas habitués à croiser des occidentaux.
Pendant notre trek,  nous verrons la montagne sacrée des Limbus, le Mont Kumbhakarna (7 710 m), appelé aussi Jannu ou Phoktanglungma dans le dialecte Limbus. Littéralement, cela veut dire « la montagne avec les épaules », grâce à sa forme particulière. Les Limbus ne sont pas vraiment Hindous, mais le nom de leur mont sacré vient du démon « Kumbhakarna » de la fameuse épopée Hindouiste « Le Ramayana ».

http://blog.clubaventure.fr/files/2011/08/Nepal_ZAM-ZAM1_05_CA_LD-595x396.jpg

 

 

Interview de Ngawang Sherpa guide de l'étape Zam Zam 2


Quel est ton parcours ? comment as tu commencé dans le trekking ?

http://blog.clubaventure.fr/files/2011/10/NEPAL_-Nawang_CG_267_LD-150x150.jpgJ’ai 32 ans et je travaille dans le tourisme depuis 13 ans.  Au village, beaucoup de mes aînés sont guides de haute montagne et m’ont proposé de travailler avec eux dans la région du Khumbu (Everest). J’ai suivi la progression classique : tout d’abord comme porteur louant mes services à Lukla, puis pour une agence travaillant avec des anglais comme «kitchen boy», ensuite cuisinier, puis sherpa (assistant guide) et enfin sirdar (guide anglophone). Je travaille avec la clientèle française depuis environ 8 ans et j’ai appris progressivement le français à leur contact. Je me suis fait aussi des amis qui m’ont invité en France . Je suis guide accompagnateur francophone clubaventure depuis 4 ans. J’ai une spécialisation haute montagne mais je n’ai pas encore eu l’occasion de diriger une expédition.

Sur l’itinéraire Zam Zam N°2, nous passons dans ton village ; peux tu nous parler un peu de ce village ?

Mon village s’appelle Chyangba, il s’étage sur près de 1000 m de dénivelé :  ma maison est en haut à 2600 m . Les Sherpas vivent en haut, les brahmanes,  les chettris et les  intouchables en bas.  Rudra qui est aussi guide accompagnateur sur le ZAMZAM N°5 habite le bas du village.
A l’origine le village comptait environ 2000 habitants mais il ne reste pas plus de 1000 personnes vivant à l’année : les jeunes qui ont la possibilité vont étudier à Katmandou ;  dans la communauté Sherpa beaucoup travaillent dans le trekking et sont basés à Katmandou ou à Lukla, il y a aussi un fort exode rural de travailleurs expatriés dans les pays du golfe. Il reste donc plus de femmes, de personnes âgées et des enfants.

L’agriculture est la principale activité et les familles sont en autosuffisances pour la nourriture. On cultive le maïs, le blé l’orge et la pomme de terre. Il y a aussi de nombreux arbres fruitiers (pommiers) et nous élevons des buffles, vaches (pour le lait et travaux seulement), chèvres et moutons , ainsi que des yaks dans les pâturages à 3500m.

Le chef du village est choisi lors de réunion par les villageois :  si l’approbation est globalement unanime on ne vote pas mais s’ il y a désaccord on vote; on peut aussi le destituer par vote si on est pas satisfait.



http://blog.clubaventure.fr/files/2011/10/Nepal_ZAM-ZAM2_08_J-Edou_LD.jpg

 

Nous avons un projet de développement de 3 classes supplémentaires au lycée ?

Il y a deux écoles gouvernementales : une primaire (classe 1 à 5) payé par le gouvernement et une de classe 1 à 7 (primaire + début collège) où le salaire des professeurs est financé par le VDC (Village development comittee).  Le but du projet est d’ouvrir 3 nouvelles classes de niveau 5, 6, 7 (niveau collège).  Le village paierait les professeurs. Mais nous avons besoin de financement pour l’infrastructure : les murs, fournitures, chaises, bureaux…

Nous allons également passer dans ta famille ! Peux tu nous parler d’eux ?

J’ai un jeune frère et 3 sœurs mais au village il n’y a que mes parents et mes nièces de 11, 9, 7 et 5 ans. Mon frère vit à Katmandou et mes nièces  sont gardées par leurs grands-parents. Mes parents sont contents que je sois guide car c’est un bon métier. Les guides de haute montagne sont les plus prestigieux .  Un guide surtout spécialisé dans une langue étrangère autre que l’anglais c’est le sommet de la carrière dans le trekking !
Je n’ai plus le temps d’aller travailler au champs alors je viens en aide à ma famille financièrement notamment en payant des ouvriers agricoles pour les aider…  J’essaie de rentrer 2 fois par an.

Je suis fier d’être guide, d’accompagner une étape de Zam Zam et je ne suis pas prêt de changer de métier !

 

 

Interview de Frédéric guide de l'étape Zam Zam 3

 

Frédéric, depuis combien de temps vis tu au Népal ? Pourquoi as-tu choisis ce pays? Quel est ton parcours de guide?

http://blog.clubaventure.fr/files/2011/12/Fred-150x150.jpgCela fait une douzaine d’années que je suis venu au Népal, la première fois avec mon amie pour découvrir la culture népalaise. Dès ma première visite, je suis tombé amoureux de ce pays et surtout de ses habitants. À force de revenir, j’ai fini par rencontrer Jérôme, responsable clubaventure à  Katmandou, qui m’a offert l’opportunité d’accompagner des groupes de trekking. Cela fait maintenant presque 8 ans que j’encadre des groupes pour clubaventure et je suis toujours heureux de partir en reconnaissance pour de nouveaux itinéraires hors des sentiers battus.

Sur ce voyage, nous traversons le pays Magar. Peux-tu nous parler de cette ethnie et leur mode de vie?

Les magars sont l’ethnie Mongole majoritaire au Népal après les Indo-aryens. Ils habitent essentiellement dans l’ouest du Népal dans la région de Dhaulagiri et au sud des Annapurnas. Majoritairement hindouistes depuis le douzième siècle, ils pratiquent pour certains des rites ancestraux animistes. Au Népal ils sont essentiellement agriculteurs et élevant aussi des animaux comme le porc, qu’ils sont les seuls à manger au Népal. On les trouve aussi dans le corps des Gorkhas de l’armée Britannique. Les magars sont dur travailleurs, mais sont aussi joviaux et accueillants.
http://www.clubaventure.fr/upload/nepal_nzam3-dhaulagiri_bc.jpg
Peux tu nous parler aussi des paysages que nous allons rencontrer au cours de ce voyage ?

Les forêts de rhododendrons sont en floraison au printemps (mars avril). C’est un spectacle sublime vivement recommandé ! Ce trek nous offre des paysages magnifiques sur les Annapurnas et essentiellement sur le Dhauligiri. Nous traverserons de villages typiques Magars aux maisons traditionnelles et habitations de types tibétaines au sud du Dolpo, pas une journée ne se ressemble !
http://blog.clubaventure.fr/files/2011/12/rhodo.jpg
Quels sont les avantages du trek en bivouac par rapport un trek en lodge ?

Le bivouac a l’avantage de nous donner la possibilité de choisir les meilleurs endroits pour les camps avec des vues extraordinaires. On a à notre disposition l’équipe népalaise et sa cuisine, qui sauront mieux répondre à nos attentes qu’un lodge. La nourriture dans les treks en bivouac est soigneusement choisie et variée. De plus le trek en bivouac permet d’avoir un contact plus proche avec la population locale, souvent curieuse et surprise de voir les trekkeurs arriver dans leur village. 

http://blog.clubaventure.fr/files/2011/12/bivouacmontagne.jpg

 

 

Interview de Rudra Basnet guide des étapes Zam Zam 4 et 5

 

Comment es-tu devenu guide, et plus précisément, avec clubaventure ?

http://blog.clubaventure.fr/files/2012/02/RUDRA-150x150.jpgJe suis originaire de la région de Solukhumbu. Je suis arrivé à Katmandou il y a quelques années pour mes études supérieures.
Pour payer mon école de commerce à l’Université, j’ai commencé à travailler comme assistant-cuisinier sur des treks. J’ai atterri dans ce domaine grâce à mon cousin qui était lui-même cuisinier de trek.
Au fur et à mesure, j’ai évolué dans la hiérarchie et suis devenu sherpa, puis sirdar.
Après ma licence, j’ai fait des études de guide culturel. Je ne savais pas qu’il me fallait une deuxième langue pour être guide culturel, donc en parallèle j’ai pris des cours de français à l’Alliance Française. Et me voilà, guide de trekking et guide culturel depuis huit ans maintenant et j’accompagne essentiellement au Népal, au Ladakh et au Tibet. Le trekking me plaît beaucoup !
 

Tu es le guide de Zam Zam 4 et 5 ; comment décrirais-tu ces deux grands voyages ?

Ce sont des voyages authentiques, qui sortent des sentiers battus. Nous allons dans des régions très difficiles d’accès, ce qui nous permet de nous éloigner des sentiers touristiques et de nous approcher de la « vraie vie » des Népalais de l’Ouest.

Le Népal de l’Ouest, certainement dû à son éloignement, préserve son état sauvage et son authenticité.
Sur le ZAMZAM 4, nous sillonnons les sentiers du Dolpo et la vallée de Tarap . Cette région est fortement influencée au niveau culturel et religieux par le Tibet voisin. On y croise encore des nomades qui continuent à promouvoir les rituels ancestraux.
Les marcheurs endurcis vont se régaler sur l’étape ZAMZAM 5. Même si on reste sur une moyenne d’altitude assez modeste, les dénivelés sur ce trek sont importants. On va se régaler des vues imprenables sur l’Ouest Himalaya et sur le lac Rara durant ce trek.
http://blog.clubaventure.fr/files/2011/12/ZAMZAM-595x396.jpg
Qu’est ce que les voyageurs viennent chercher au Népal ?

Les montagnes bien sûr, mais aussi le contact humain ! La gentillesse des Népalais est réputée, et c’est ça qui fait la différence du Népal avec d’autres destinations montagne.

Je distingue deux types de voyageurs : des trekkeurs qui viennent marcher, et ceux qui viennent pour la culture.
Les trekkeurs sont avant tout attirés par les montagnes et la vie des villages. Ils adorent les rencontres et les échanges avec les locaux, et c’est ce que j’essaie de prendre en compte lorsque j’encadre un voyage trek.
Les motivations de ceux qui font des voyages Découverte sont un peu différentes. Ils aiment les montagnes mais ne souhaitent pas trop marcher. Ils veulent surtout découvrir le pays dans sa globalité.
Bref, quelles que soient les motivations des voyageurs, ce qui est essentiel c’est qu’ils rentrent en général ravis de leur voyage, et c’est très courant qu’ils reviennent au Népal régulièrement…
http://blog.clubaventure.fr/files/2011/12/Nepal_NZAM2-OU-3_01_ROADBOOKMEDIA_LD.jpg
Deux mots aux futurs voyageurs ?

Préparez-vous bien car ce sont des itinéraires soutenus, dans des régions reculées.
Et apportez une belle dose de bonne humeur !

 

En attendant une interview du guide de l'étape 6...

 

Pour voir la description du voyage étape par étape avec mes 6 petits films : "Zam Zam, mon voyage 2012".

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 08:06

 Présentation de mon voyage 2012 (les textes sont issus du site "club Aventure")

 

 

Zam Zam

(3 mars - 10 juin)

  • La traversée intégrale du Népal, d'Est en Ouest.
  • Les rencontres et les échanges avec les népalais des équipes locales et des habitants.
  • Le voyage d'une vie.

Zam-Zam.jpgQui n'a jamais rêvé de prendre une pause de plus de 3 mois ? Pour vivre une aventure exceptionnelle : marcher de villages en vallées, passer des cols, rencontrer les habitants des villages, la famille de nos guides, rire, échanger, mais aussi contempler les plus hauts sommets du monde ! Nous commençons ce superbe cheminement des champs de thé de la région de l'Ilam, situé au sud est du Népal, nous traversons d'est en ouest les régions préservées du Solu Khumbu, du Daulaghiri, du Dolpo, de Jumla, du lac Rara et de Humla. Nous passons ensuite la frontière et rejoignons, au Tibet, les pèlerins du Kailash pendant le festival de Tarboche.

Émotions assurées, enrichissement personnel garanti ! C'est le voyage d'une vie.

 

 

Etape 1 : Entre Kanchenjunga et Makalu, le Népal des collines

(3 mars - 15 mars)

Les cultures de thé d'Ilam, les villages Limbu et Raï

Les forêts de rhododendrons géants en fleur en mars

L'Himalaya oriental avec vue sur le Kanchenjunga(8586 m), le Makalu (8481 m), le Janu ( 7710 m) et le Baruntse (7129 m).

Zam-Zam-1.jpgNous commençons notre Grande Traversée par la région d'Ilam, à l'extrême Est du Népal. Nous sommes à quelques kilomètres de Darjeeling, capitale du Sikkim en Inde. Ce trek facile et inédit, se déroule dans l'ambiance charmante des champs de thé et des villages, à la rencontre des Limbu dans une région totalement vierge de tourisme, balade exceptionnelle parmi les rhododendrons géants, avec en toile de fond deux des sommets à plus de 8000 m : le Kanchenjunga et le Makalu.


Après un vol intérieur pour Bhadrapur, dans le Téraï oriental, nous rejoignons progressivement les collines couvertes de plantations de thé et les villages Limbu et Raï. Après une randonnée de mise en jambe dans les plantations de thé d'Ilam, nous commençons véritablement le trek itinérant à Phidim. Des plantations de bananiers, bambous, cultures en terrasses, nous prenons progressivement de l'altitude. Nous traversons des rivières, de superbes forêts de rhododendrons, et surtout de nombreux villages, qui permettent des rencontres authentiques.

 

Le film : Zam Zam étape 1 (3 mars - 15 mars 2012)


Etape 2 : Entre Makalu et Everest, balade au coeur du pays Sherpa 

(15 mars - 2 avril) 

Trek inédit en pays Raï et Sherpa. (moyenne : 5h00 de marche par jour) 

Vue sur le massif de l'Everest depuis le mont Piké.

Les villages et monastères du Solu.

Zam-Zam-2.jpgZam-Zam-2--2-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De la vallée de l'Arun, nous enchaînons sur la région Raï et Sherpa en traversant d'Est en Ouest la région du Solu. Nous suivons l'itinéraire inédit appelé la " Voie Hillary " car c'est par là que Sir Edmond Hilary et Sherpa Tenzing ont rejoint le camp de base de l'Everest lors de leur expédition victorieuse de 1953. Là encore nous évitons les grands axes touristiques pour nous enfoncer dans la région du Solu et monter au Mont Piké (4000 m) pour l'un des plus beaux panoramas sur 600 km de chaîne himalayenne ! Nous découvrons l'univers bouddhique des Sherpas : murs de manis, stupas et petits monastères.

 

Le film : Zam Zam étape 2 (15 mars - 2 avril 2012)

 

Etape 3 : Sentiers secrets du Daulaghiri au Dolpo

(2 avril - 18 avril)

Trek inédit entre Annapurnas et Daulaghiri. (moyenne : 6h00 de marche par jour) 

Dorpathan, Maikot les plus beaux villages Magars

Les forêts de rhododendrons en fleur

Vues superbes sur les massifs des Annapurnas et du Daulaghiri.

Zam-Zam-3.jpgZam Zam 3 (2)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après une courte halte à Kathmandou, nous rejoignons Pokhara, les Annapurnas et le Dhaulagiri pour un nouvel itinéraire insolite. Nous montons en direction du Dolpo par Dhorpatan. Ce trek présente la même variété de paysages et d'ethnies que le mythique Grand Tour des Annapurnas mais il présente l'avantage de découvrir un autre visage du Népal, plus profond, plus authentique avec bien sûr de beaux coups d'œil sur les Annapurnas et le Dhaulagiri. 
La région de Dorpathan, au pied du Dhaulagiri, est restée totalement inaccessible au tourisme depuis une quinzaine d'années. Aujourd'hui, nous pouvons retrouver cette ancienne route de commerce entre Pokhara et Dolpo. Un itinéraire inédit des rizières de Pokhara aux portes du Dolpo.

 

Le film : Zam Zam étape 3 (2 avril - 18 avril 2012)


Etape 4 : Caravanes du Dolpo, de Juphal à Jumla par la vallée de Tarap et le col du Kagmara

(18 avril - 7 mai)

La vallée de Tarap, le lac Phogsumdo et le col du Kangmara.

Les villages d'Hurikot, Chaurikot, Talphi

Trek soutenu, au cœur de la culture tibétaine du Dolpo, avec 3 cols au-dessus de 5000 m. (moyenne : 7h00 de marche par jour) 

Zam-Zam-4.jpgZam-Zam-4--2-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette quatrième étape nous conduit sur les chemins des caravanes du Dolpo qui furent immortalisées par le film "Himalaya, enfance d'un chef". De la vallée de Tarap nous rejoignons le Lac Phoksumdo et les villages Thakuris avec lesquels se font les échanges de sel et de céréales. C'est un trek un peu plus fréquenté mais plus engagé en altitude que les précédents, nous passons 3 beaux cols himalayens au-dessus de 5000 m, notamment le fameux Kagmara, avant de rejoindre Jumla. 
Ces grands espaces ponctués de villages de pierre sèche, de petits monastères, de campements nomades, de lacs d'altitude, de troupeaux de moutons, de chèvres et de yaks... racontent la vie hors du commun des Dolpopas. Un trek au bout du monde !

 

Le film : Zam Zam étape 4 (18 avril - 7 mai 2012)

 

Etape 5 : De Jumla à Simikhot, le Lac Rara et la Haute Route de la Karnali

(7 mai - 22 mai)

Forêts de pins monumentaux de la Karnali

Le lac Rara, site naturel classé. Les villages en étages Thakuris

Trek inédit dans une des régions les plus reculées du Népal (moyenne : 6 à 7h00 de marche par jour) 

Zam-Zam-5.jpgEn continuant vers l'Ouest, nous entrons dans la région de la Karnali. Ce trek est le plus soutenu de notre traversée himalayenne en raison de dénivelés importants même si l'altitude reste très modérée. (alti maxi : 4350 m), nous sommes là dans une des régions les plus reculées du Népal, à quelques années lumières du XXI° siècle. Le point d'orgue de cette Haute Route est le lac Rara, magnifique lac de montagne et les villages Thakuris qui font toujours le commerce du sel avec le Tibet ; il n'est pas rare de rencontrer à la croisée d'un chemin, une de ces caravanes de chèvres porteuses de sel. Nous traversons de superbes forêts, bivouaquons en pleine nature, avec la chaîne Ouest de l'Himalayen népalais en panorama.

 

Le film : Zam Zam étape 5 (7 mai - 22 mai 2012)

 

 

Etape 6 : De Simikot au Pèlerinage du Mont Kailash, pendant le festival de Tharboché

(22 mai - 10 juin)

La Haute Route entre Népal et Tibet dans une région très préservée.

La Khora du Mont Kailash, le festival de Tharboché au Mont Kailash.

Les rencontres avec les nomades du plateau Tibétain.

Zam-Zam-6--2-.jpgDe Simikhot, nous rejoignons, en 7 jours de trek soutenu, la frontière tibétaine, en suivant le chemin des pèlerinages vers le Mont Kailash. Montagne sacrée par excellence, elle est vénérée par les Hindous, les Bouddhistes et les Böns. Nous nous mêlons aux pèlerins qui effectuent à pied la circumambulation rituelle de la montagne (khora en tibétain) jusqu'au plus haut point de notre traversée himalayenne, le col du Drolma La à 5700 m d'altitude. Puis nous redescendons au lieu-dit Tharboché (Grande Libération) pour l'érection d'un gigantesque mat de prière pour remercier de leur protection, les divinités de l'Himalaya. 


Paysages des hauts plateaux tibétains, vues exceptionnelles sur la chaîne himalayenne, camps de nomades et pèlerins : tout les ingrédients pour ceux qui aiment un trekking soutenu avec, au bout de l'effort le Festival de Tharboché. Retour à Kathmandou en véhicules par les hauts plateaux tibétains.

 

Le film : Zam Zam étape 6 (22 mai - 10 juin 2012)

 

A suivre, peut-être en direct...

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 11:57

Je me contente de reprendre deux articles trouvés sur le site "Le Monde.fr". En effet je m'y retrouve complètement...

 

Prendre son temps, une subversion du quotidien


Longtemps la marche était le seul moyen de locomotion. Les chemins étaient emplis d'itinérants.

Au temps des compagnons, les apprentis marchaient dans toute la France pour affiner leur formation. Dans les Cévennes Stevenson rencontre des bergers, des paysans, des colporteurs, des vagabonds. Le paysan marche avec des sabots qui alourdissent ses pas, il chemine près de l'animal bâté, accompagne son troupeau, va chercher l'eau avec un broc. Les routes sont emplies de saisonniers, de rempailleurs, de rétameurs, d'acheteurs de peaux de lapins, de ramoneurs, de chiffonniers allant à pied de hameaux en villages.

L'itinérance est cependant suspecte, ces marcheurs sont des inconnus, des hommes surtout, et ils sont l'objet de la vigilance des populations ou des gendarmes. Mais ils se font de plus en plus rares au fil du siècle.

Voyager à pied est devenu improbable dans les années 1950-1960, quand les voitures ou les Mobylette se banalisent. Les itinérants circulent désormais en voiture.

En 1971, quand l'écrivain Jacques Lacarrière entame son chemin de Saverne jusqu'à Leucate, des Vosges à la Méditerranée, il dit combien il est souvent seul sur les routes ou les sentiers. S'il rencontre au fil de la route énormément de solidarité et d'amitié, il sent parfois l'hostilité, la méfiance à l'égard de ce chemineau, cet homme sans feu ni lieu, seulement de passage.

Il s'étonne de la solitude des forêts où il ne croise jamais de promeneurs, même en plein mois d'août, pas même de chercheurs de champignons. Un jour où il demande son chemin à un paysan, l'homme lui répond que nul ne va jamais là-bas, et il s'inquiète de ce qui risque de se passer s'il se casse une jambe ! Au début des années quatre-vingt-dix quand L. Moutinot marche sur mille cinq cent kilomètres en reliant Golfe-Juan à Ploudalmézeau, il ne croise aucun autre marcheur.

Aujourd'hui des dizaines de millions de marcheurs parcourent les sentiers en Europe pour quelques heures ou quelques jours, parfois davantage. Anachronique dans le monde contemporain privilégiant la vitesse, l'utilité, le rendement, l'efficacité, la marche est un acte de résistance célébrant la lenteur, la disponibilité, la conversation, le silence, la curiosité, l'amitié, l'inutile, autant de valeurs résolument opposées aux sensibilités néolibérales qui conditionnent désormais nos vies.

Prendre son temps est une subversion du quotidien, de même la longue plongée dans une intériorité qui parait un abime pour nombre de contemporains n'habitant plus que la surface d'eux-mêmes et en faisant leur seule profondeur. Le recours à la forêt, à la montagne, aux sentiers, est une échappée belle pour reprendre son souffle, affûter ses sens, renouveler sa curiosité, et connaitre des moments d'exception bien éloignés des routines du quotidien.

Détour pour se rassembler soi, marcher c'est avoir les pieds sur terre au sens physique et moral du terme, c'est-à-dire être de plein pied dans son existence. Et non à côté de ses pompes, pour reprendre une formule bien connue. Le chemin parcouru, même pour quelques heures, rétablit un centre de gravité. Si l'on se donne aux lieux, ils se donnent également et avec prodigalité.

Bien entendu le marcheur ne voit que ce qui était déjà en lui, mais il lui fallait ces conditions de disponibilité pour ouvrir les yeux et accéder à d'autres couches du réel. Sans réceptivité intérieure, sans une transparence à l'espace et au génie des lieux rien ne se fait, le marcheur passe son chemin en laissant derrière lui une chance qu'il n'a pas su saisir.

Un marcheur est un homme ou une femme qui se sent passionnément vivant et n'oublie jamais que la condition humaine est d'abord une condition corporelle, et que la jouissance du monde est toujours celle de la chair, et d'une possibilité de se mouvoir, de s'extraire de ses routines. Sentir le travail des muscles, c'est aussi songer au plaisir du repos bientôt, à l'appétit qui grandit à l'approche de la ferme-auberge ou de la halte au bord du chemin.

Cette fatigue n'est pas imposée par les circonstances, elle est voulue par le marcheur, elle fait partie du jeu. Le marcheur est son propre maitre d'œuvre, il recourt seulement à son corps et à ses ressources physiques pour progresser, sans autre énergie que son désir et sa volonté de mener un parcours à son terme. La satisfaction est d'autant plus grande de ne devoir qu'à soi.

Libéré des contraintes d'identité, hors de sa trame familière, il n'est plus nécessaire de soutenir le poids de son visage, de son nom, de sa personne, de son statut social… Il se défait du fardeau parfois d'être soi, relâche les pressions qui pèsent sur ses épaules, les tensions liées à ses responsabilités sociales et individuelles. Il tombe les éventuels masques car personne n'attend de lui qu'il joue un personnage sur les sentiers.

Il est sans engagement autre que l'instant qui vient et dont il décide de la nature. Pendant des heures, des jours ou des semaines, il est hors du temps et disponible à toutes les rencontres. Expérience provisoire de mise en apesanteur des exigences de la vie collective.Marcher revient à se mettre en congé de son histoire et à habiter l'instant sans voir le monde au-delà de l'heure qui vient.

Comme tout homme le marcheur ne se suffit pas à lui-même, il cherche sur les sentiers ce qui lui manque, mais ce qui lui manque est ce qui fait sa ferveur. Il espère à chaque instant trouver ce qui alimente sa quête.

Il avance avec le sentiment qu'au bout du chemin quelque chose l'attend et qui n'était destiné qu'à lui. Une révélation est non loin de là, à quelques heures de marche, au-delà des collines ou de la forêt.

Un marcheur est un homme ou une femme appartenant au monde. Rien de ce qui est humain ne lui est étranger. Ses appartenances sont multiples, elles sont faites d'innombrables paysages, de lieux, de villes, de quartiers qu'aucune frontière ne saurait enfermer.

Signé : David Le Breton


 

"La marche est un authentique exercice spirituel"


Professeur de philosophie politique à l'université Paris-XII et à l'Institut d'études politiques de Paris, spécialiste de l'oeuvre de Michel Foucault, Frédéric Gros a écrit un livre intitulé "Marcher, une philosophie" (Carnet Nord, 2009).

 

Suffit-il de mettre des chaussures de randonnée et de se mettre en marche pour aussitôt se transformer en philosophe ?

Malheureusement ou heureusement, ce n'est ni aussi facile ni aussi automatique. Pour devenir philosophe, philosophe "professionnel" - pour peu que cette expression ait un sens -, on doit sans doute préférer les lectures patientes, les discussions contradictoires, la composition de dissertations ou la construction de démonstrations. Mais en marchant, surtout s'il s'agit de randonnées qui s'étalent sur plusieurs jours, il est impossible de ne pas éprouver un certain nombre d'émotions, de ne pas faire l'expérience de certaines dimensions, qui précisément sont d'une très grande richesse et constituent des objets de pensée précieux pour la philosophie.

Mais à quoi pensez-vous ? Autant on voit bien comment l'expérience esthétique peut nous permettre de construire le concept du beau, comment l'expérience révolutionnaire nous fait accéder à des problématiques politiques, autant marcher semble, aux yeux de beaucoup, une expérience plus banale, plus pauvre...

Alors prenez l'expérience d'une journée de marche. La lenteur de la marche, sa régularité, cela allonge considérablement la journée. Et en ne faisant que mettre un pied devant l'autre, vous verrez que vous aurez étiré démesurément les heures. De sorte qu'on vit plus longtemps en marchant, pas au sens où cela rallongerait votre durée de vie, mais au sens où, dans la marche, le temps ralentit, il prend une respiration plus ample.

Par ailleurs, le rapport du corps à l'espace est aussi très impressionnant : par exemple la beauté des paysages est plus intense quand on a fait des heures de marche pour franchir un col.

C'est comme si le fait d'avoir fait preuve de persévérance et de courage physique pour parvenir à tel ou tel panorama était récompensé. Il y a, dans la contemplation des paysages par le marcheur, une dimension de gratitude, sans qu'on sache exactement si c'est le marcheur qui se récompense lui-même de ses efforts en s'offrant le plaisir d'un repos contemplatif ou si c'est le paysage qui remercie par une intensité supérieure offerte au seul marcheur.

De manière plus générale, un espace que vous appréhendez par la marche, vous ne le dominez pas simplement par le regard en sortant de la voiture (une prise de vue), car vous l'avez inscrit progressivement dans votre corps.

La marche nous permet d'aller au-delà d'une conception purement mathématique ou géométrique de l'espace et du temps. L'expérience de la marche permet aussi d'illustrer un certain nombre de paradoxes philosophiques, comme par exemple : l'éternité d'un instant, l'union de l'âme et du corps dans la patience, l'effort et le courage, une solitude peuplée de présences, le vide créateur, etc.

On connaît la promenade de Kant dans les jardins de Königsberg, les voyages du jeune Rousseau à pied, d'Annecy à Turin, de Paris à Chambéry, les promenades de Nietzsche dans les hautes montagnes de l'Engadine, les sorties quotidiennes de Thoreau en forêt. Tous les penseurs ont-ils été aussi de grands marcheurs ?

Pas tous, loin de là. L'espace naturel des penseurs et des intellectuels reste majoritairement la bibliothèque ou la salle de conférences. Mais si vous prenez les penseurs que vous citez (à part Kant, qui a une conception plus hygiénique de la promenade), ils insistent pour dire ce que leur oeuvre doit à cet exercice régulier, solitaire. C'est en marchant qu'ils ont composé leur oeuvre, reçu et combiné leurs pensées, ouvert de nouvelles perspectives.

Ce n'est pas tant que marcher nous rend intelligents, mais que cela nous rend, et c'est bien plus fécond, disponibles. On n'est plus dans le recopiage, le commentaire, la réfutation mesquine, on n'est plus prisonnier de la culture ni des livres, mais rendu simplement disponible à la pensée.

On parle d'un succès croissant des activités de randonnée. Elle compterait de plus en plus d'adeptes. Peut-on parler d'une nouvelle actualité de la marche ?

Il faut répondre à votre question en plusieurs temps. Premièrement, rappeler quand même que la marche, par sa lenteur, par la fatigue qu'elle entraîne, n'a pas cessé de représenter pour l'homme une contrainte dont il fallait se débarrasser par la richesse ou le progrès technique.

Si on redécouvre aujourd'hui les bienfaits de la marche, c'est que l'on commence à ressentir que la vitesse, l'immédiateté, la réactivité peuvent devenir des aliénations. On finit, dans nos vies ultramodernes, par n'être plus présent à rien, par n'avoir plus qu'un écran comme interlocuteur. Nous sommes des connectés permanents. Ce qui fait l'actualité critique de la marche, c'est qu'elle nous fait ressentir la déconnexion comme une délivrance.

Est-ce qu'on marche pour se retrouver ?

Pour se retrouver, bien sûr, au sens où, en marchant, vous laissez au bord des chemins les masques sociaux, les rôles imposés, parce qu'ils n'ont plus leur utilité. La marche permet aussi de redécouvrir un certain nombre de joies simples. On retrouve un plaisir de manger, boire, se reposer, dormir. Plaisirs au ras de l'existence : la jouissance de l'élémentaire. Tout cela, je crois, permet à chacun de reconquérir un certain niveau d'authenticité.

Mais on peut aller encore plus loin : la marche permet aussi de se réinventer. Je veux dire qu'à la fois, en marchant, on se débarrasse d'anciennes fatigues, on se déleste de rôles factices, et on se donne du champ.

En marchant, tout redevient possible, on redécouvre le sens de l'horizon. Ce qui manque aujourd'hui, c'est le sens de l'horizon : tout est à plat. Labyrinthique, infini, mais à plat. On surfe, on glisse, mais on reste à la surface, une surface sans profondeur, désespérément. Le réseau n'a pas d'horizon.

Toutes les marches se ressemblent-elles ?

Vous avez raison, il faut absolument distinguer, car il existe des styles de marche irréductibles. Il y a la flânerie en ville, poétique, amicale, électrique. Il y a la promenade qui nous permet de sortir d'un espace confiné, de nous défaire un moment des soucis du travail, des nervosités ambiantes.

Il y a le pèlerinage, qui est tout à la fois un défi, une expiation, une ascèse, un accomplissement. Il y a la grande excursion, qui présente une dimension plus sportive, mais offre aussi la promesse de paysages grandioses.

Alors, "marcher, une philosophie" ?

Peut-être davantage : un exercice spirituel.

Nicolas Truong (Entretien)

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 12:44

Après 12 jours de marche sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle en 2009 et 12 jours de marche sur le sentier Cathare en 2010, pour cette année mon projet est le chemin de Stevenson (fait en solitaire).

http://www.saint-etienne-vallee-francaise.com/photo/logoStevenson.jpg

Du Puy-en-Velais jusqu'à Alès

 

– 258 km (les textes soulignés donnent accès à des pages internet).

 

Jour 1 (vendredi 3 juin) :

Départ train : en semaine vers 12h54 TGV changement à St Etienne 15h41 au Puy

Hébergement : Inter-hôtel Bristol la nuit 65 € maxi, pt-déj 8€

 

 

Jour 2 (samedi 4 juin)  - étape 1 : 19 km du Puy à Le Monestier-sur-Gazeille (21 km – 6h15- jusqu’au camping)

A voir : Musée municipal avec une salle dédiée à Stevenson

Acheter pique-nique et repas du soir (ou lyophilisé) à Coubon

 

Hébergement : Gîte d’étape Emmanuel Falgon, ½ pension 30 €

                           Camping : Camping** municipal “Le Moulin de Savin” empl. 4 €

 

 

Jour 3  (dimanche 5 juin) - étape 2 : 22 km (6h55) de Monestier-sur-Gazeille à Le Bouchet-St-Nicolas

Acheter pique-nique à Monestier sur Gazeille où à St Martin de Fugères

Hébergement : Gîte d’étape La Retirade, ½ pension 38 €  Très bien  

 

Jour 4 (lundi 6 juin)  - étape 3 : 25 km (8h15) de Bouchet-St-Nicolas à Langogne

A voir : Cheval Land visite du parc (8 €) à Pradelles

Acheter pique-nique  à Bouchet ou Landos (attention Lundi)

Hébergement : Les Terrasses du Lac (Hôtel 1/2 pension 61 €, camping 1 pax 10,30 € (menu 12 €, Pdéj 7,8 €)

                       Camping la cigale (municipal qui passera privé en 2012) :  empl. 5 €

 

Jour 5 (mardi 7 juin)  - étape 4 : 16 km (5h20) de Langogne à Le Cheylard-l’Evèque

Acheter pique-nique  à Langogne

Hébergement : Gîte d’étape Le Refuge du Moure, ½ pension 45 €  Très bien         

 

Jour 6 (mercredi 8 juin)  - étape 5 : 21 km (6h30) de Cheylard-l’Evèque à Notre-Dame-des-Neiges

A voir : Visite du château de Luc

Acheter pique-nique (pris au refuge)

Hébergement : Hostellerie monastique de l’Abbaye  Stevenson y a dormi comme on veut (45 )                             

 

Jour 7 (jeudi 9 juin)  - étape 6 : 30 km (9h15) de Notre-Dame-des-Neiges  à Les Alpiers

Acheter pique-nique  à La Bastide Puy Laurent  pour le lendemain aussi…

Hébergement : En Tipi ½ pension (28) €  A éviter tant que les sanitaires utilisés sont ceux de la famille (prévision d'évolution)         

 

Jour 8 (vendredi 10 juin)  - étape 7 : 20 km (6h45) des Alpiers à Le Pont-de-Montvert

A voir : Musée dédié au mont Lozère

Acheter pique-nique la veille, repas du soir (ou lyophilisé) à acheter au Pont de Montvert  

Hébergement : Gîte d’étape Le Chatel, ½ pension 40 €

                             Camping : Camping** municipal “de Gilliaou” empl. 6 €

 

Jour 9  (samedi 11 juin) - étape 8 : 28 km (8h15) de Pont-de-Montvert à Florac

A voir : Dans un château médiéval l’exposition Le Parc des Cévennes 

Acheter pique-nique à Pont de Montvert et repas du soir (ou lyophilisé) en arrivant Montvert

Hébergement : Gîte d’étape La Carline Le Presbytère, cuisine et salle à manger gestion libre nuit 13 €, Pdéj 6 €

                             Camping : « Le Pont du Tarn » *** empl. 7 € Avec piscine et snack !

                                               Plusieurs autres

 

Jour 10 (dimanche 12 juin)  - étape 9 : 16 km (6h15) de Florac à Cassagnas

Acheter pique-nique (celui du lendemain aussi) et repas du soir (ou lyophilisé) à Florac

Hébergement : Gîte d’étape Espace Stevenson, ½ pension 39 €

                             Camping : Idem *** empl. 7,2 € Ne mérite pas le "3 étoiles"


 

Jour 11 (lundi 13 juin)  - étape 10 : 23,5 km (6h15) de Cassagnas à Pont-de-Burgen

Acheter pique-nique la veille à Florac

Hébergement : Gîte d’étape du Pont de Burgen, ½ pension 39 €   Très bien

 

Jour 12 (mardi 14 juin)  - étape 11 : 12 km (5h30) de Pont-de-Burgen à Saint Jean-du-Gard

Acheter pique-nique  à St Etienne vallée française

Hébergement : Gîte d’étape Le Pré de Modestine, ½ pension 37 € Très bien

                             Camping : « Des sources » *** empl. 15 € (pas sûr)

 

Jour 13 (mercredi 15 juin)  - étape 12 : 26 km (8h30) de Saint Jean-du-Gard à Alès

Hébergement :  Hôtel Le Riche (2mn gare), ½ pension 67 € 

 

Jour 14 (jeudi 16 juin)  - Retour

Départ train : en semaine vers 9h22 changement à Nîmes 13h49 à Paris

                        vers 11h36 changement à Nîmes 15h49 à Paris

 

Budget :

Hors camping : midi 6€ x 13 = environ 80 €,

Nuit en ½ pension (sauf 2) = 550 €

             Dîners et pt.déj non prévus en nuit : 2 = 30 €, 2 = 14 €

                 Divers (entrées musées,…) = 25 €

                            Total : 700 €       

Avec camping : midi 6€ x 13 = environ 80 €,

Nuit en ½ pension (7 nuits) = 350 €

                Camping (6 nuits) = 65 € (emplacement) + 60 €  =  125 €

                       Divers (entrées musées,…) = 25 €

                            Total : 500 €

                       Si bivouacs (3 gîtes en moins) = 420 €   

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