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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 12:22

Dans mon propos du vendredi 29 janvier, je disais que j'allais essayer d'expliquer quelques notions importantes pour comprendre les enseignements du Bouddha :

  • L'impermanence
  • L'interdépendance
  • L'équanimité
  • L'impersonnalité (approche du non-soi)
  • La vacuité (lié au non-soi)

Aujourd'hui, je vais donc aborder "l'impermanence".

L'impermanence

C'est effectivement une notion sensible dans le bouddhisme, il faut comprendre et admettre l'impermanence des choses et des êtres.

http://pwet.fr/var/plain/storage/images/photos/galeries/le_chateau_de_montferrand/les_ruines_du_chateau_de_montferrand_resistent_au_temps/151527-1-fre-FR/les_ruines_du_chateau_de_montferrand_resistent_au_temps.jpg
Pour les choses cela reste assez facile ; si on prend l'exemple de la rivière au moment où on la regarde et quelques secondes après elle n'est plus la même. L'eau avec ses impuretés, branches etc. est descendue en aval, face à notre regard c'est déjà une autre eau, une autre rivière. Il y a aussi l'exemple de la fleur qui, cueillie, rapidement se fanera. Même les châteaux disparaissent....

Pour nous même, on fuit inconsciemment cette notion d'impermanence. On ve
ut ignorer, sans succès, notre corps vieillissant, notre amour différent de celui des premiers jours, nos amis oubliés, le risque de la perte du travail, l'évolution de nos idées, l'arrivée des maladies, la perte d'un proche et même on veut se croire immortel. Mais c'est un fait, tout est impermanent même nous. Et quand on cesse de l'ignorer, souvent on souffre. Il faut donc l'accepter sans souffrir c'est ce qu'enseigne le Bouddha.

On souffre quand on regarde notre jeunesse s'éloigner, on souffre quand on ne connaît plus l'amour du début, on souffre quand on s'aperçoit que le regard des autres à changer, on souffre quand on voit la vieillesse marquer notre corps, on souffre quand on perd son travail, on pleure quand..., etc.. Mais encore une fois, tout est impermanent, après l'avoir compris il faut l'admettre.

Pour résumer et en reprenant les propos de Lama Lhundroup :
Quand on vit un moment de bonheur et que cela change, on souffre : c'est le chagrin d'avoir lâché des instants agréables pour autre chose, pas forcément désagréable d'ailleurs ; on ne contrôle pas ce que nous avons dans nos mains... Les fleurs vont faner, ma jeunesse va partir, toute rencontre va finir en séparation. Tout cela, ce sont des raisons pour qu'il y ait beaucoup de souffrance, parce qu'on ne veut pas accepter ce changement continuel, qui est notre vie. C'est grâce à l'observation de ce changement qu'on arrive à des conclusions très importantes sur la réalité : finalement rien, nous-mêmes, nos pensées, nos émotions, notre être fondamental, mais aussi les choses de l'extérieur, n'a de substance, car tout change à tout moment. Et cette compréhension de non substance, de non existence véritable, dans le sens d'un noyau qui ne changera jamais, est très importante dans le bouddhisme. C'est ce qu'on appelle la vacuité, l'absence du soi (j'y reviendrai...). "Eviter la souffrance et arriver à une compréhension plus profonde de la réalité".

Quand enfin on a pris conscience de cette impermanence irrémédiable, il faut savoir l'entretenir, se le répéter. Et le conseil que je peux donner c'est de réfléchir à cette impermanence, se familiariser avec elle, quand justement notre moment de vie est calme avec des changements peu perturbants amenant très peu de souffrance. Le docteur Christophe André, psychiatre à l'hôpital Ste Anne, dit : "Comme pour tous les apprentissages, quand on veut apprendre une pratique - la conscience de l'impermanence est une pratique - on a à faire cela dans des périodes de notre vie où il n'y a pas trop de souffrance, de chaos". "Ce sont un peu des techniques de prévention de la souffrance".
En effectuant régulièrement cet exercice, cette analyse sur l'impermanence de notre vécu, peu à peu on devient moins anxieux, moins stressé et on acquiert une sorte de sagesse, de tranquillité devant les événements même douloureux.
Le docteur Christophe André dit encore, en parlant de ses patients : "...peu à peu, en répétant ces exercices, en leur demandant de méditer chaque jour un peu plus sur cela, on s'aperçoit d'un effet paradoxal : cela leur apprend à aimer davantage la vie et qu'au fond, on profite davantage de l'instant présent, de la vie telle qu'elle se présente à chaque moment"  ; il dit aussi que certains de ses patients sont particulièrement tranquilles face à la mort...

Guialtsé Thogmé Zangpo : "Toutes ces joies, toutes ces peines sont comme de continuels dessins sur l'eau. Pourquoi courir après elles ? S'il vous faut absolument penser à quelque chose, examinez de quelle manière tout ce qui est réuni se disperse et tout ce qui est accompli se défait".

Pour conclure :

  • - Constater cette impermanence
  • - Accepter cette impermanence
  • - S'amuser à repérer tout ce qui est impermanent autour de nous, les choses, les êtres, les pensées, les désirs, les opinions, mes chaussettes... et la liste n'est pas complète... bon jeu...

La prochaine fois, j'aborderai la notion d'"Interdépendance"... "Ici"

 

Pour connaître tous mes articles sur le bouddhisme, commencer par celui-ci :"Je suis bouddhiste..." 

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Published by Sagamartial - dans Ma vie
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